Les Moldus, le rôle d'une société farouchement mise en marge du monde sorcier


* Introduction

La saga de Harry Potter nous permet de nous plonger dans un monde imaginaire, de découvrir au fil des pages un monde de la sorcellerie qui nous est inconnu, un monde que l’auteur décrit avec brio. Harry Potter : un monde plein de magie, d’enchantements, de potions magique, de sortilèges et d’objets fantastiques que nous ne connaissons pas. C’est également un monde de suspense, de drames, de maléfices.

Mais Harry Potter n’est pas que la description de ce monde à la fois noir et merveilleux. C’est aussi l’histoire d’un monde qui vit aux côtés d’un autre monde sans vraiment le voir. Qui méprise ce monde qui est pourtant son voisin : le monde des Moldus. Ce peuple, si proche du lecteur, qui est considéré par une grande partie des sorciers comme inférieur. Et c’est à cette communauté de Moldus que nous nous sommes intéressés dans notre théorie, ainsi qu’aux relations existantes entre Moldus et sorciers.

JK.Rowling a donné la raison pour laquelle elle avait choisit le mot Moldu (en anglais Muggles) dans une interview de 2005 :
« Je recherchais un mot qui suggérait à la fois la sottise et le côté aimable. Le mot « mug » m'est venu, pour quelqu'un crédule, puis je l'ai adouci. Je pense que « muggle » est plutôt touchant. »
Nous voyons donc à travers cette définition que les Moldus ont un côté naïf et sot. Peut-être est-ce parce qu’ils ignorent l’existence du monde des sorciers qui est juste sous leurs yeux. Peut-être est-ce aussi car ils sont incapables de pratiquer la magie, et que pour pallier à ce manque, ils utilisent d’autres inventions, méprisés par les sorciers. Mais ils ont également un côté touchant pour l’auteur, qui leur confère un certain rôle au fil des tomes, rôle qui pourrait s’intensifier dans le tome 7.


* Deux mondes totalement ethnocentriques ou deux mondes qui s'ouvrent à l'autre ?

Les psychologues interculturels (branche de la psychologie la plus récente, s'étant en partie développée avec la colonisation et la découverte de nouvelles cultures) ont défini un concept : celui d'ethnocentrisme. Ce terme désigne une société totalement repliée sur sa culture, au mépris des autres sociétés existantes.

Au vu de ce que nous pouvons lire, nous pouvons trouver de nombreux éléments prouvant l'ethnocentrisme des Sorciers et Moldus. Mais il se pourrait que quelques brèches existent et créent un lien entre les deux univers

o Des Moldus ignorant l'existence d'un Monde sorcier ?

Les lecteurs de Harry Potter savent bien sûr la différence majeure existant entre les sorciers et les moldus. Cependant, dans le tome "Harry Potter à l'école des sorciers", ils nous a fallu attendre quelques chapitres pour enfin comprendre la signification des étrangers évènements qui se déroulaient et découvrir qu'un clivage existait entre monde de la sorcellerie et monde des Moldus.

Dans le premier chapitre, nous ne comprenons pas d'où provient le différence existante entre des personnages comme les professeurs Dumbeldore, Mc Gonagall, Hagrid, Harry et les Dursley. Mais nous possédons tout de même quelques indices. En effet, les propos de Mc Gonagall : "tous les enfants de notre monde connaîtront son nom" (Harry Potter à l'école des sorciers, chapitre 1, page 18, édition Folio junior) nous indiquent déjà que deux mondes différents existent. Certains de ses éléments nous font penser à de la magie, bien que ce terme ne soit pas tout de suite évoqué : la moto volante, le briquet éteignant les lampadaires et le Professeur Mc Gonagall pouvant se transformer en chat. Dans ce tome, nous devons attendre la visite d’Hagrid dans la cabane au milieu de la mer pour voir enfin écrit le mot sorcier : "Harry...tu es un sorcier". (T1, ch.4, p.55, éd Folio Junior )
C'est dans ce même passage que nous apprenons l'existence et la définition du mot Moldu : "Un Moldu, c'est comme ça que nous appelons les gens qui n'ont pas de pouvoirs magiques"(T1, ch.4, p.57, éd Folio Junior )

Pourtant, bien que les lecteurs, comme Harry semblent tout ignorer de l'existance de ses deux mondes avant l'explication de Hagrid, Vernon Dursley semble pouvoir remarquer les sorciers. Peut-être est ce du à sa certitude d’être normal, et donc à son aptitude de remarquer sans peine la différence chez l'autre (par exemple lorsqu'il rencontre des sorciers dans la rue le jour de l’arrivée d’Harry chez lui). Peut-être est ce aussi parce qu’il connait l'existence du monde de la sorcellerie de par son mariage avec la tante Pétunia, soeur d'une sorcière.
La façon dont se voient les moldus et les sorciers est identique. En effet, les deux mondes s’ignorent complètement, et veulent faire croire qu’il peuvent vivre les uns sans les autres.

o Un monde secret et bien caché.

Une des raisons pour laquelle le monde des sorciers est inconnu pour les Moldus est le désir farouche qu’a cette communauté de cacher son existence au monde des sorciers. C’est en grande partie à cette fin que le Ministère de la Magie existe, comme nous l’explique Hagrid :
« - A quoi ça sert un ministère de la Magie ?
- Oh, ça sert surtout à garder nos secrets. Il ne faut pas que les Moldus sachent qu’il y a toujours des mages et des sorcières d’un bout à l’autre du pays. Sinon ils essaieraient de faire appel à nous pour résoudre leurs problèmes. On préfère qu’ils nous laissent tranquilles
» (T1, ch.5, p.69, éd Folio Junior)
Ce passage nous montre que même une personne aussi tolérante qu’Hagrid (qui assure à Hermione dans le tome 2 que les enfants issus de parents Moldus sont aussi estimables que ceux issus de parents sorciers) est d’accord pour laisser cette société Moldue en marge de leur monde. Les sorciers montrent donc par là un exemple de l’intolérance envers la différence, et ce peuple se replie sur lui-même afin d’éviter que tout élément perturbateur ne s’immisce dans leur vie, pour qu’ils n’aient pas à se montrer solidaire.

Pour ce faire, ils utilisent de multiples moyens magiques pour éviter que les Moldus ne découvrent leur existence, et des exemples nous sont montrés tout au long de la saga.
Nous pensons par exemple aux efforts (souvent assez vains) que les sorciers font pour s’habiller comme des Moldus quand ils doivent se montrer en leur présence. De plus, ils dissimulent à l’aide de sortilège les lieux tels que Ste-Magouste, le Chaudron Baveur : « d’ailleurs, personne d’autre n’y faisait attention » (T1, ch.5, p.73, éd Folio), ainsi que Poudlard :
« - Si un Moldu regarde Poudlard, que verra-t-il ?
- J.K. Rowling : Il ne verront qu'un château en ruine avec de larges pancartes disant « défense d'approcher, édifice dangereux
» (interview de 2004)
Ils mettent également tous leurs efforts à cacher leurs grands rassemblements : par exemple dans le tome 4, lorsqu’ils couvrent chaque centimètre de terrain de Repousse Moldu lors de la Coupe du Monde de Quidditch. Enfin, si par mégarde un Moldu était victime d’un sortilège ou témoin d’une action qui pourrait révéler leur existence, les Moldus sont soumis à un sortilège d’Amnésie afin qu’ils ne puissent rien divulguer. C’est le cas pour les témoins de l’éxécution des 12 Moldus par Pettigrew ou encore du sortilège lancé à la famille Roberts dans le tome 4 pour qu’ils oublient la scène où ils ont été les marionnettes des Mangemorts sur le camping de la coupe du monde.

Avec toutes ses précautions prises par les sorciers, il est donc tout à fait concevable que la grande majorité des Moldus soient dans l’ignorance totale du monde parallèle qui existe à leur côté.

Le mépris de la différence

La crainte de d’avoir apporter contre leur gré de l’aide aux Moldus n’est assurément pas la seule motivation des sorciers à se cacher de ce peuple si différent d’eux. Il semblerait également qu’ils veuillent s’isoler totalement ceux qu’ils estiment être différents d’eux : celui qui n’est pas le même, celui qui est autre doit être rejeté, tel semble être le credo des sorciers.
Et celui qui n’est pas « le même », a des normes qui ne sont pas les bonnes, qui sont méprisables puisqu’elles ne sont pas les leurs. « L’autre » est donc inférieur.

La citation de Hagrid que nous avons noté dans le paragraphe précédent peut être pris dans un second sens : « nous ne voulons pas apporter de l’aide aux Moldus, mais en plus, nous pensons que les Moldus ne sont pas capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes. Nous ne voulons pas leur apporter de l’aide, mais il est entendu que nous le pourrions si nous le voulions. Puisque nous, nous avons des pouvoirs magiques pour régler nos problèmes. Nous sommes capables de surmonter des difficultés alors qu’eux n’y parviennent pas, nous sommes donc supérieur. » : tel semble être le raisonnement du sorcier.

Cette théorie n’est évidemment formulée par aucun des sorciers dans les livres. Mais il est possible que le raisonnement des Mangemorts et leurs proches sur la supériorité des Sangs-Purs se rapproche de cela. Les attaques chroniques de Drago Malefoy sur les origines d’Hermione en sont le parfait exemple. Ce raisonnement est par ailleurs dangereux car les Moldus et sorciers enfants de Moldus sont alors les cibles privilégiées pour les fervents partisans de cette idéologie : la race inférieure est à supprimer. Comme de nombreux lecteurs de Harry Potter, nous pouvons donc rapprocher ce raisonnement à l’idéal de purification de la race chère aux Aryens.

Cependant, nous pouvons aussi constater qu’une partie des sorciers, n’étant pourtant pas dans le camp de Voldemort, ne sont pas loin d’en penser autant, même si c’est dans une moindre mesure.
Horace Slughorn en est un des nombreux exemples. En effet, il semble s’étonner qu’un enfant issu de parents Moldus puisse faire preuve de si grandes capacités magiques, à l’image de Lily Evans : « elle était née Moldue. Je n’y croyais pas quand je l’ai découvert. Je pensais qu’elle était de sang pur. Elle était tellement douée » (T6, Ch.4, p.82-83, éd Gallimard). Il lui semble donc étrange que quelqu’un qui est issu de ce monde différent, de cet autre qui n’a même pas de pouvoir magique puisse disposer de notre supériorité.

Et ce n’est apparemment pas le seul à penser cela lorsque l’on voit la réputation dont Arthur Weasley est affublé dans les 5 premiers tomes. Il n’a jamais eu de promotion du temps de Fudge car il s’intéressait aux Moldus, ces êtres inférieurs ! Il est donc peu ambitieux. Même les propres enfants de Mr Weasley prennent leur père pour un fou parce qu’il est passionné par l’Artisanat Moldu.

Mais il serait faux de penser que seuls les sorciers soient à blâmer. Ce rejet du différent, les sorciers ne sont pas les seuls à l’avoir ! Les rares Moldus connaissant le monde des sorciers ont un raisonnement allant dans le même sens :
« Les sorciers représentent tout ce que le véritable « Moldu » craint le plus : ils sont tout à fait en dehors de la société et content de l’être. Rien n’est plus énervant pour le véritable conventionnel qu’un inadapté qui n’a pas honte de cela ! » (Interview de Rowling de 1999)
Cela est vrai pour le père de Voldemort, Tom Jedusor, qui sans connaître l’identité des Gaunt les méprisait farouchement pour leur différence. On peut également faire l’hypothèse que la réaction du père de Rogue, Tobias, qui était un Moldu (dernier chapitre du Tome 6) ait été violente lorsqu’il a appris que sa femme est une sorcière, d’où la scène qu’Harry a pu entrapercevoir dans la scène de la Pensine du tome 5 : « un homme au nez crochu hurlait devant une femme recroquevillée » (T5, ch.26, p. 664).
Enfin, l’exemple le plus illustratif est bien sûr le personnage de Vernon Dursley (ainsi que sa femme et son fils) qui méprise vigoureusement les sorciers tout en les craignant au plus haut point, redoute par-dessus tout que quelqu’un puisse découvrir ses relations, aussi distantes soient-elles, « avec des gens comme ça » et enfin ne supporte pas d’entendre des mots se rapprochant du champ lexical de la sorcellerie. C’est la raison le poussant donc à maltraiter Harry (pensant même pouvoir « détruire tout ce qui était magique en lui »)
Ce mépris de la différence est une universalité, et c’est en apparence le seul point commun des Moldus et Sorciers.

Mais ce mépris de la différence, n’est-il pas inscrit en l’être humain ? N’est-il pas visible dans une grande majorité de culture ? C’est en tout cas ce que des psychologues et anthropologues interculturels ont pu observer à travers leurs études dans des cultures ou celui qui était « le même » était intégré à la société, et celui qui était l’autre en était exclu.

Les différents liens entre les deux communautés

Malgré l’indépendance presque totale existant entre les deux mondes, il serait dérisoire de penser que les deux cultures puissent co-exister dans une ignorance mutuelle complète.

La première raison est que les sorciers, pour ne pas vivre totalement en ermites, organisent des rassemblements (coupe du Monde de Quidditch), des tournois, comme celui des Trois sorciers, et enfin fêtent certains évènements majeurs, comme la chute de Voldemort dans le tome 1. Si de nombreuses précautions sont prises du côté des sorciers, ceux-ci ne peuvent pas avoir un contrôle absolue sur les fuites qu’ils peuvent laisser passer.

En effet, dans le premier tome, les Moldus remarquent la présence inhabituelle de hiboux en plein jour, ainsi que les pluies d’étoiles filantes : « Les Moldus ne sont pas complètements idiots, il était inévitable qu’ils s’en aperçoivent ! » (T1, ch1, p.15, éd Folio Junior).
Si les Moldus peuvent avoir beaucoup de mal à découvrir les sources des ces habituelles manifestations, il est possible que les plus imaginatifs d’entre eux puissent malgré tout avoir des soupçons sur l’existence d’un monde de la Magie.
De plus, nous voyons dans le premier chapitre du tome 6 que les Moldus remarquent de plus en plus d’évènements inhabituels. Ils sont également sensibles à certaines manifestations magiques, en particulier en ce qui concerne la présence des Détraqueurs, qu’ils peuvent ressentir. Ce sont autant d’éléments qui, sans créer un réel lien entre les deux univers peuvent malgré tout créer une brèche importante entre ces deux mondes.

Ces évènements ayant une incidence sur les Moldus obligent le Ministre de la Magie à être en contact avec le Premier Ministre Moldu afin de l’avertir des faits qui pourraient affecter le monde Moldu. Il est là pour lui révéler certaines informations importantes. Le Ministre de la Magie pourrait ne pas tenir informé le Premier Ministre de l’existence de la sorcellerie, afin de couper tous liens avec les Moldus, mais ce faisant, il prendrait un risque important. Il se trouve donc enfermé dans une situation paradoxale dans laquelle il doit créer un lien essentiel avec le monde Moldu, en la personne du Premier Ministre, pour justement garder le monde de la sorcellerie secret.

L’autre lien créant une brèche entre les deux mondes sont les enfants sorciers issus de parents Moldus, et qui empêchent les deux mondes d’être complètements clivés. En effet, ce cas de figure n’est pas rare : Par exemple nous pouvons citer Colin et Dennis Crivey, Dean Thomas, Justin Flinch-Fletchey et bien sûr Hermione. Cette dernière permet notamment de révéler à Ron certains éléments de la vie Moldue, tel que la profession de dentiste ou le sport de loisir qu’est le ski. Les sorciers même issus de Sang-pur ne peuvent donc pas de cette manière être dans l’ignorance totale du monde des Moldus.

Il est d’ailleurs des sorciers qui ne souhaitent pas cette coupure totale. En effet, des sorciers comme Mr Weasley sont intéressés par le monde Moldu. Le fait même que le bureau que celui-ci dirige jusqu’au tome 6, ou un service de Protection Moldu prouve que le Ministère s’intéresse dans une moindre mesure au monde Moldu, qu’il ne souhaite pas une rupture totale.
De plus, si une matière comme étude de Moldu existe à Poudlard, c’est qu’elle intéresse certains étudiants, sinon cette matière aurait été supprimée des emplois du temps.
Certains de ses liens sont certes minimes, mais ils créent tout de même une faille entre les 2 mondes, faille qui empêche chacun de vivre dans l’ignorance totale de son voisin.
Il est vrai que les Moldus sont plus dans l’ignorance des sorciers que l’inverse, car ces derniers font tout pour que ce soit le cas. Mais il n’en demeure pas moins que les sorciers ne peuvent pas empêcher les puissants liens de filiations qui existent entre un Moldu et son enfant sorcier, cas de figure pour lequel un représentant du ministère doit, selon JK.Rowling, intervenir pour informer les parents.


* Une communauté de plus en plus impliquée ?

Nous avons vu, à travers cette analyse que les Moldus sont méprisés par une grande partie de la communauté sorcière mais que dans le même temps, ils occupent une place non négligeable. Cela peut par conséquent nous laisser supposer que ce monde Moldu sera très présent, et peut-être jouera un rôle non négligeable dans le tome 7. D'autant plus que JK.Rowling a déclaré dans une interview que les guerres des Sorciers et des Moldus s'alimentaient et que lorsqu'une guerre éclate chez les Moldus, il y en a également une chez les sorciers. Une guerre ayant éclatée chez les Sorciers, il semblerait donc que celle-ci ait une incidence majeure chez les Moldus, comme nous l'avons déjà remarqué dans le tome 6

o Le Premier Ministre : un médiateur futur entre le Monde Moldu et le Monde de la sorcellerie ?

Le premier élément qui peut illustrer cette hypothèse est la position du Premier ministre Moldu. Ce Moldu a d’ailleurs une place particulière : il parait être le seul des Moldus n’ayant aucun lien direct avec la sorcellerie à être au courant de l’existence de ce monde (au contraire des Moldus ayant des enfants sorciers qui de par leur parenté ont eux un lien plus direct). Or, ce secret peut être dur à porter seul. Dans le Tome 6, nous voyons la peur que le Ministre éprouve face à la découverte de ce monde, les questionnements que cela suscite en lui et les appréhensions que lui causent les visites de Fudge, sentiments qui pourraient le pousser à vouloir se confier à quelqu'un. Seul la peur de passer pour un fou semble vouloir le dissuader de révéler son secret à quelqu’un d’autre. :
Le Premier Ministre était resté là sans bouger en songeant que, en effet, jamais il n'oserait évoquer sa rencontre devant qui que ce soit car qui donc au monde aurait pu le croire ? »(Tome 6, chapitre 1, page 13, édition Gallimard ). "Il était exaspérant de découvrir la raison de tous ses terribles désastres sans pouvoir en informer le public"(Tome 6, ch.1, p.20, éd Gallimard ).

De plus, ce ministre semble vouer à son poste un amour immodéré et certain. En effet, lors de son élection, il savoure pleinement sa victoire, pour laquelle il s'est visiblement battu sans scrupules :
- « Ce jour là, il se trouvait seul dans ce même bureau, savourant sa triomphe après tant d'années passées à rêver de ce poste et à intriguer pour l'obtenir » (T6, ch.1, p.11, éd Gallimard ).
De plus, il compatit presque à la démission de Fudge :
- « A sa grande surprise, le Premier Ministre éprouva pour Fudge un élan fugitif de compassion » (T6, ch.1, p19, éd Gallimard ).
Cet amour pour son poste nous laissent imaginer que pour rien au monde le ministre ne voudra céder son poste.

Or sa légitimité à occuper cette place pourrait être facilement remise en cause. En effet, les évènements perturbants le monde de la sorcellerie affectent également les Moldus : destruction d'un pont, ouragan... Cependant, ces derniers ignorent les causes réelles de ces accidents et tendent donc à chercher un bouc émissaire. Le membre premier de leur gouvernement semble être la personne indiquée : « c'est moi qui doit répondre aux questions [...] s'écria le Premier Ministre furieux »(T6, ch.1, p.20, éd Gallimard ).

De plus le partie de l'opposition semble également s'en donner à coeur joie pour désigner le Premier Ministre comme responsable de tous les maux, ce qui représente un danger supplémentaire pour la conservation de son poste : "L'un d'eux en particulier était passé au journal télévisé, non seulement pour énumérer tous les évènements tragiques [...]mais également pour expliquer en quoi le gouvernement était entièrement responsable de chacun d'entre eux."(T6, ch.1, p.7, éd Gallimard ).

Le premier chapitre nous décrit donc un Premier Ministre Moldu dépassé par les évènements et qui est sur une corde raide. Un ministre qui, par amour pour son poste, pourrait laisser passer des fuites sur l’existence du monde de la sorcellerie, afin d’essayer de convaincre ses citoyens que les évènements catastrophiques qui ont lieu ne sont pas de sa faute, qu’il n’a aucune responsabilité là-dedans. Mais dans le même temps, il est peut-être possible qu’il veuille tenter de jouer un rôle dans une guerre qui nuit à ses ambitions professionnelles. Il n’est pas indiqué dans le livre que le ministre souhaite jouer ce rôle important, mais on décèle malgré tout chez lui une volonté d’avoir un contrôle relatif dans les agissements des sorciers (même s'il n'y parvient pas vraiment), comme sa volonté à ce que l’administration sorcière ne s’immisce pas dans son propre ministère :
- « Vous n'avez pas le droit de mettre qui bon vous semble dans mon bureau, c'est moi qui choisis mes collaborateurs » (T6, ch.1, p.26, éd Gallimard ).

Sa remarque visant à trouver une solution est aussi illustrative de son désir de contôle : «Vous êtes des sorciers ! Vous pratiquez la magie ! Vous êtes sûrement capable d'arranger...tout ce qui se passe ! » (T6, ch.1, p.27, édition Gallimard ). Ce désir de contrôle apparait également dans cette phrase :
-"fidèle à une vieille habitude qui consistait à toujours vouloir être informé sur tous les sujets" (T6, ch.1, p.18, éd Gallimard ).

Jouer un rôle dans la médiation entre les deux mondes, voire dans la lutte qui engage les sorciers contre Voldmort permettrait à la fois au ministre de ne plus subir les visites de Fudge qui lui donnent l’impression d’être comme « un écolier ignorant » (page 11), d’avoir un contrôle plus important sur le monde sorcier et de répondre au mécontentement des Moldus vis-à-vis des évènements qui les touchent.

Le ministre peut donc sembler tiraillé entre la peur de passer pour un fou s’il révèle l’existence d’une communauté magique ainsi que la peur de se lancer dans une lutte inconnue, et le désir d’exercer du contrôle, de se dégager d’une partie de responsabilité. Et au vu de son ambition personnelle et de son amour presque excessif du métier, on peut faire l’hypothèse que la deuxième solution qui va prévaloir. Si le ministre laisse échapper des indices sur l’existence des sorciers (ou même tente secrètement lui-même de s’incruster dans ce monde), cela pourra créer un lien négligeable entre les deux communautés, même si les deux communautés entière ne se rencontreront jamais totalement.

o Des moyens nouveaux pour combattre Voldemort ?

Outre le concours possible du Premier Ministre dans la lutte contre les Forces du Mal, d’autres indices nous laissent penser à une possible participation des Moldus pour cette cause. En effet, même si le Premier Ministre Moldu ne souhaite pas aider la communauté sorcière parce que la peur l’emporte chez lui, le Ministère de la magie lui-même pourrait avoir dans l’idée de faire appel aux Moldus pour combattre Voldemort.

Plusieurs éléments nous amènent à penser cela. La première raison est la limite que semble avoir la communauté magique, limite qui est justement de ne pas savoir vivre sans magie. Pour vaincre Voldemort et ses partisans, la communauté sorcière n’a à sa disposition que les armes que peuvent lui fournir la magie, et comme le dit si bien Fudge : « l'ennui, monsieur le Premier Ministre, c’est que l’autre camp aussi pratique la magie ». (Tome 6, chapitre 1, page 27, édition Gallimard ).

De plus, nous savons que le pouvoir de Voldemort est très important, même privé de ses Horcruxes : " même si son âme est à jamais dénaturée, son cerveau et sa puissance magique restent intacts. Il faudrait une habileté hors du commun pour parvenir à tuer un sorcier tel que Voldemort, même privé de ses Horcruxes "(Tome 6, chapitre 23, page 560, édition Gallimard ).
Une simple formule magique semble donc être un moyen peu efficace pour le vaincre.

La citation de Fudge qui laisse entendre que la magie est un moyen laborieux pour lutter contre la magie peut laisser présager l’utilisation d’autres moyens non magiques, et la technologie moldue pourrait donc avoir une place prépondérante. Certes cette technologie semble être méprisée par les sorciers, mais elle est tout de même partiellement présente tout au long de l'oeuvre de Rowling. En effet, le cours d’étude des Moldus peut aborder cette technologie. Ce cours est un moyen de passer des informations sur les technologies qu’utilisent les Moldus. Certains élèves pourraient faire le rapprochement entre certaines de leurs inventions et le moyen de vaincre les Forces du Mal. Et qu'est ce qui pourrait être plus ironique pour Voldemort, totalement aliéné par magie, que se faire vaincre par des moyens Moldus, qu'il méprise par dessus tout ?

Par ailleurs, on sait que les sorciers eux-mêmes ont entendu parler d’un moyen que les Moldus avaient à leur disposition pour tuer un autre Moldu : les armes à feu « While Muggles have been told that Black is carrying a gun, a kind of metal wand that the Muggles use to kill each other », (T3, ch3, p38, éd Scholastic )

De plus Arthur Weasley, on le sait, est passionné par tout ce qui se rattache aux Moldus. Un an auparavant, lorsqu’il ne s’occupait que du Service des détournements de l'Artisanat Moldu, peu de personnes n’auraient porté crédit à ce qu’il pouvait alors penser. Cependant, dans le tome 6, nous découvrons qu’il exerce désormais un métier comportant plus de responsabilités :
«Arthur a eu une promotion ! [...] C'est un poste important, il a dix personnes sous ses ordres maintenant ! ».(Tome 6, chapitre 5, page 96, édition Gallimard ).
Cela peut lui apporter beaucoup plus de crédibilité qu'auparavant et il pourrait plus aisément convaincre les membres du ministère de l’utilité de certaines inventions Moldus.

Enfin, à défaut d’employer la technologie Moldue, les sorciers pourraient songer à utiliser les Moldus eux-mêmes dans leur lutte. Mais de quelle manière ? On sait que la communauté sorcière n’a eu dans le passé pas de scrupule à utiliser des « appâts » humains, même si les circonstances étaient plus anodines. Cela a été le cas par exemple dans le Tome 4, où Ron, Hermione, Cho Chang et Gabrielle Delacour ont été utilisés pour la deuxième tâche d’Harry, Victor Krum, Cédric Diggory et Fleur Delacour.
Les circonstances n’étaient certes pas les mêmes, mais elles démontrent que les sorciers sont capables d’utiliser leurs semblables et de leurs faire encourir un risque, aussi minime soit il, pour une tâche particulière. Il est donc possible qu’ils soient capables de reproduire cela, d’autant plus que l’enjeu est cette fois encore plus important, et que les Moldus ne sont pas toujours (et même rarement) considérés comme l’égal des sorciers.

Nous avons de nombreux exemples tout au long de la saga sur la considération que les sorciers ont pour les « non-sorciers » : hybrides et créatures magiques (comme le montre Ombrage tout au long du tome 5, ainsi que les réactions des parents d’élèves après la révélation de l'ascendance géante d’Hagrid), Cracmols (cf l’attitude dans le tome 5 de Fudge vis-à-vis de Mrs Figgs, page «Fudge reporta son attention sur elle, les sourcils levés : "Très bien, dit-il d'un air supérieur" »:T5, ch.8, p164, éd Gallimard).....et Moldus. On peut donc faire l’hypothèse que les sorciers chercheront le concours des Moldus pour que ceux-ci servent d’appâts, et n’auront que peu de remords à cela car ils estimeront que la cause est primordiale et que les Moldus représentent moins que les sorciers. De plus, les Moldus sont des cibles privilégiées pour les Mangemorts. Le ministère de la Magie pourrait donc organiser un grand rassemblement Moldu afin d’attirer les Mangemorts, et de tendre un à ceux-ci guet-apens en introduisant tout un groupe d’Aurors au milieu des Moldus.
Dans tous les cas de figure, il apparaît donc probable que les Moldus servent d’une manière ou d’une autre dans la lutte contre Voldemort, et donc que leur place dans le tome 7 s’en trouve accrue.

o Un lien non négligeable entre Moldus et Sorciers

Les Moldus et les Sorciers semblent appartenir à des mondes complètements opposés. Cependant, il existe entre les deux un lien non négligeable mais qui est trop souvent oublié. Nous voulons parler des sorciers issus de parents Moldus, ainsi que des Moldus épousant des sorciers (comme c’est le cas par exemple avec Andromeda Black et Ted Tonks, ou encore la mère et le père de Seamus Finnigan). Ces parentés sont assez fréquentes.

Intéressons nous d’abord au deuxième lien de parenté (Moldu épousant un Sorcier). Le mariage entre les deux, contrairement à ce qu’une grande partie des sorciers pensent, a une importance non négligeable quant à la continuité du monde sorcier. En effet, sans ces mariages, la communauté sorcière pourrait risquer de s’éteindre (même si l'on tient en compte les sorciers nés dans des familles Moldues ) : « le choix devient vite très limité. Nous ne sommes plus très nombreux » (tT5, ch.6, p.133 , éd Gallimard ).
Dans le tome 6, nous voyons le risque qu’engendre les unions entre «Sangs-Purs » issus de la même famille : une certaine décadence « …les derniers des Gaunt, une très ancienne famille de sorciers connue pour une certaine disposition à l’instabilité et à la violence qui s’était développée au cours des générations en raison d’une fâcheuse habitude de se marier entre cousin ». ( T6, Ch.10, p.236-237, édition Gallimard)

Or, si les tous sorciers souhaitaient n’avoir aucun lien avec des Moldus, ils seraient vite condamnés à se marier entre cousin, entainant dans leur désir de maintenir une race pure une dégénérescence de la lignée des Sorciers. En effet, nous savons que les familles de Sang-pur (qui n’ont donc aucune consanguinité avec les Moldus) sont tous plus ou moins cousins : « Les familles de Sang-Pur sont toutes parentes »(T5, ch.6, p.133, éd Gallimard )
Une petite partie de la communauté Moldue a donc une importance capitale pour la conservation des sorciers, et donc rien que pour cette raison, le rôle et la place des Moldus est certaine.

De plus, la situation actuelle des sorciers peut laisser craindre un certain nombre de nouvelles victimes de Voldemort et de ses adeptes. Ce nombre de victime est déjà élevé au vu de ce que nous avons pu lire dans le tome 6 (les informations étant souvent relayées par Hermione, lectrice assidue de la Gazette du sorcier). Or, suite à la mort de Dumbledore, nous pouvons présager que le nombre de victimes de Voldemort pourra s’accroître maintenant que « le seul qu’il n’ai jamais craint » n’est plus.

Si l’école de Poudlard reste ouverte, l’endroit sera moins sûr qu’avant, sans son puissant directeur. En effet, il assurait à lui-seul
une bonne partie de la protection de Poudlard. De plus, à la fin du tome 6, nous voyons une Mc Gonagall, qui, malgré sa proportion naturelle et incontestable au commandement et à l’autorité, n’arrive pas à convaincre Harry de lui révéler son secret. Elle paraît aussi quelque peu ébranlée par le décès de Dumbledore : « elle paraissait désemparée», "égarée", (T6, ch29, p 676, éd Gallimard). De surcroît, elle hésite quelque peu sur les directives à prendre : «En ce qui me concerne, je ne suis pas convaincue que l'école devrait réouvrir l'année prochaine ». : l'utilisation du conditionnel démontre son hésitation.
Malgré sa force de caractère (qu’elle a démontré à maintes reprises, notamment dans le tome 5 face à Dolorès Ombrage) et son courage, qui va jusqu’à la pousser à vouloir affronter les Aurors du ministère : « il ne sera pas tout seul ! assura d'une voix forte le professeur Mc Gonagall en plongeant la main dans sa robe» (T5, ch.27 , p.696, éd Gallimard), elle ne semble pas avoir, pour le moment, l’envergure de Dumbledore pour diriger et protéger l’école.

Dans le cas où Poudlard ferme ses portes, les étudiants seront encore moins en sécurité que si il resté ouvert, puisqu’ils ne bénéficieront pas des protections qui existent naturellement autour de Poudlard, ni de la protection des professeurs et des Aurors qui sont postés autour de l’école. Ils n’auront donc pour toutes protections que celles que leurs parents seront en mesure de leur apporter : « Je dirais même que Poudlard est plus sûr, il y a davantage de sorciers, ici, pour nous défendre » (T6, ch.30, p.712, éd Gallimard)
Nous voyons donc le risque particulier que ce cas de figure peut entraîner chez les enfants de Moldus qui n’auront à leur disposition aucune protections magiques qui leur permettraient d’être plus à l’abri d’une attaque éventuelle de Voldemort.

Dans tous les cas de figure, les étudiants de Poudlard seront apparemment beaucoup moins en sécurité dans le tome 7 que dans les tomes précédents. Nous pouvons par conséquent redouter que les enfants de Moldus soient des cibles privilégiées lorsque l’on sait quelle haine Voldemort et ses partisans ont pour « Les Sangs de Bourbes ». Si les enfants de Moldus sont des victimes du Mage noir, leur parents ne seront probablement pas sans réactions et souhaiteront se tenir informés de ce qui se passe dans le monde des sorciers, voir d’intervenir dans cette guerre. Ceci est un nouvel élément qui nous fait penser qu’une partie de la communauté Moldue sera plus fortement impliquée dans le tome 7.

Enfin, nous nous sommes intéressé au statut d’une Moldue en particulier. Il s’agit de celui de la tante Pétunia, qui semble avoir une position intéressante dans le livre. Une partie de la conférence de JK.Rowling 15 août 2004 nous a semblé confirmer cela : « Tante Pétunia est-elle une Cracmol ?
Bonne question. Non, ce n'est pas le cas, mais [rires]. Non, ce n'est pas une Cracmol. C'est une Moldue, mais [rires]. Il va falloir que vous lisiez les autres livres. Tante Pétunia a pu vous sembler être un peu plus que ce que l'on voit au premier coup d'oeil et vous allez découvrir de quoi il s'agit.
»

Elle laisse entendre une révélation sur la tante Pétunia qui paraît savoir plus de choses sur le monde sorcier qu’elle ne le laissait voir au premier abord. Elle surprend tout d’abord Harry en révélant qu’elle connaît l’existence des Détraqueurs : « - Ce sont les Gardiens d'Azkaban, la prison des sorciers [...] Harry sentit son cerveau vaciller dans sa tête. Mrs Figg, c'était une chose, mais la tante Pétunia? », (T5, ch.2, p.42, éd Gallimard). De plus, Pétunia a appris cette information en écoutant sa sœur en parler à un sorcier : « J'ai entendu cet horrible garçon...il en parlait à...à elle...il y a des années...» (T5, ch.2, p. 42, éd Gallimard). Ce sorcier, Harry pense logiquement que c’est son père. Mais est-ce vraiment lui ? Pétunia ne le mentionne pas, et ne confirme pas à Harry qu’il s’agit bien de lui. Il pourrait donc tout aussi bien s'agir de quelqu’un d’autre. Si Pétunia a retenu si longtemps l’information sur les Détraqueurs, il est tout a fait possible qu’elle ait entendu sa sœur parler d’autres sujets sur le monde de la sorcellerie, et qu’elle détienne une information capitale pour Harry.

De plus, nous pouvons penser que Pétunia a reçu des informations de la part de Dumbledore. Nous savons qu’elle a reçu une Beuglante de ce dernier, mais celui-ci parle d’une correspondance, ce que Harry trouve d’ailleurs étrange : « - Nous nous connaissons par correspondance bien sûr. Harry trouva que c'était une étrange manière de rappeler à la tante Pétunia qu'il lui avait un jour envoyé une beuglante » (T6, ch.56, p56, éd Gallimard)
Peut-être pourrait-elle de cette manière révéler un indice important à Harry. Nous voyons donc par ce dernier élément le rôle essentiel qu’une Moldue en particulier, la tante Pétunia, pourrait jouer dans le tome final de JK.Rowling.

* Conclusion.


Dans cette théorie, nous avons donc vu que le monde Moldu serait probablement impliqué d’une façon ou d’une autre dans le tome 7 (ce qui est déjà fortement visible dans le tome 6, notamment à travers le premier chapitre), que ce soit indirectement (Moldus ou enfants de Moldus victimes de Voldemort), ou bien directement (participation plus ou moins active d’une petite partie de la communauté Moldue dans la lutte contre Voldemort)

Cependant, notre théorie, si elle avait pour but d’essayer de voir la place des Moldus dans le tome 7, ne visait pas à démontrer que la communauté sorcière et Moldue se rencontreront un jour (ce que Rowling a elle-même affirmé dans une de ses conférences en 2005 :
«- Est-ce que le monde magique et moldu se rencontreront un jour ?
-J.K. Rowling : Non, la séparation est définitive
»

Les Moldus et sorciers ne cohabiteront jamais à cause de différences et préjugés profondément encrées, mais il n’en demeure pas moins que des liens de parentés existent entre eux et que ces Moldus ayant un lien avec les Sorciers peuvent s’impliquer dans ce monde qui n’est pas le leur. Cette remarque de JK.Rowling (de mars 2006) est pertinente pour corroborer cela :
« L’univers d’Harry Potter se caractérise par la juxtaposition et l’interpénétration de deux mondes, celui des sorciers (qui ouvre vers un fonctionnement et une pensée « magique »), le monde de l’enfance et celui des Moldus, qui sont condamnés, par quelque sortilège d’amnésie, à oublier le monde magique de l’enfance, ce qu’on appelle communément les adultes »

Le monde Moldu, et plus précisément les membres Moldus ayant un lien de parenté avec les sorciers pourraient représenter le monde adulte, et donc la voie de la raison, pour orienter un monde magique peut-être trop « enfantin » vers une part de sagesse qui lui serait nécessaire pour régler ses conflits.
Cette théorie nous a semblé très intéressante car elle est très liée à une situation à la fois contemporaine et ancienne. Cette situation est le clivage qui existe entre deux mondes opposés, par l'ethnocentrisme qui existe dans chacun des deux mondes ( ethnocentrisme qui existe également dans de nombreuses sociétés actuelles ) c'est à dire par l’intolérance, le mépris et la peur de la différence qui existe pour les membres des deux communautés et par la richesse et la complémentarité que chacune des communautés pourrait apporter à l’autre si elles voulaient entériner leurs différents.

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Théorie rédigée par les Serdaigle (gagnants de la tâche "Théorie" du tournoi des maisons du 11/06)