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Histoire de Zarbeth
Troisième
au concours
Le terrier semblait être devenu un repaire de
résistants. En quelques heures, la petite maison des Weasley
avait en effet accueilli plus de monde qu'elle ne pouvait en contenir. Comme
convenu, Harry et Hermione devaient passer la veillée de Noël chez Ron. Mais Harry était parti brusquement, tôt dans la
matinée, après avoir parlé avec M. Weasley. Il avait
affirmé rentrer quelques heures plus tard. Harry n'avait plus l'âge qu'on lui
interdise de sortir. Il était majeur, et même si les nouvelles étaient chaque
jour plus inquiétantes, Harry continuait à arpenter toute la région. Il avait
cependant accepté une « trêve de Noël » comme l'avait appelée Mme Weasley, mais ce matin, lorsque la Gazette avait
apporté la nouvelle de l'évasion de tous les mangemorts
retenus à Azkaban, Harry avait dit avoir un objet à
chercher, « tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard et qu'il ne la
reprenne » avait-il énigmatiquement ajouté. Hermione n'étant pas encore là et Ron étant encore couché, il n'avait voulu personne avec lui
en dépit des demandes répétées de Mme Weasley et des
regards effarés de Ginny. Il avait juste accepté une
discussion en tête à tête avec M. Weasley. Après le
départ d'Harry, le terrier avait alors reçu la visite de tous les membres de
l'Ordre encore vivants ; chacun s'était longuement entretenu avec Arthur avant
de repartir.
Et puis, peu après qu'Hermione ait franchi le seuil de la petite
maison, il y avait eu une visite inattendue. Neville s'était présenté à la
porte, accompagné de sa grand-mère qui ressemblait pour l'occasion à un
ornithorynque à qui l'on aurait enlevé son bec : elle portait un manteau de
poil ras, était affublée d'un chapeau à plumes qui lui donnait une allure
étrange, et serrait contre elle un long sac en crocodile véritable, qui ouvrait
une mâchoire effrayante à chaque fois qu'elle s'approchait un peu de quelqu'un.
Dès que les civilités d'usages avaient été terminées, elle avait à son tour
suivi Arthur dans une des pièces des étages. Neville était resté en bas avec Ron. Personne n'avait fait de remarques sur le costume noir
et blanc que sa grand-mère avait jugé bon de lui imposer « pour la circonstance
» avait-elle dit, et qui lui donnait une allure de pingouin égaré : il faut
dire que les jumeaux n'étaient pas encore là. Ils devaient venir plus tard et
seraient « indisponibles durant la journée » avaient-ils annoncé dès le petit
déjeuner.
Molly s'était empressée
de faire asseoir Neville sur l'un des rares espaces encore inoccupés. La maison
avait en effet pris des allures de bric-à-brac : la cheminée était chargée de
rubans entre lesquels apparaissaient de multiples chaussettes bigarrées
(tricotées main à en juger par les trous que l'on voyait apparaître ça et là
!). A côté de la fenêtre avait été installé un matelas sur lequel des draps et
des couvertures attendaient la fin de soirée. Le reste de la pièce était envahi
de plats, de saladiers qui témoignaient de la volonté de Molly
de faire, « en l'honneur de nos invités », un Noël particulier.
Ron, Hermione et Ginny tinrent compagnie à Neville. Ils tentèrent bien de le
questionner pour savoir ce qui se tramait dans la pièce du dessus, mais Neville
leur expliqua en rougissant qu'il lui semblait inutile de tenter quoique ce
soit : sa grand-mère avait été intraitable et silencieuse. Elle avait dit faire
une visite « de gens civilisés » et le sac-crocodile
l'avait dissuadé de poser d'autres questions.
Ron regardait de temps
en temps la fenêtre. Il se sentait coupable d'avoir dormi si tard. Harry
n'aurait-il pas déjà du être là ? Avec lui sans doute, il aurait joué les détectives
et trouvé un moyen de savoir ce que tramait la grand-mère de Neville.
Lorsque Arthur et Mme Londubat
redescendirent, Harry n'était toujours pas arrivé. Ginny
ne cessait de scruter à travers la fenêtre où les décorations magiques déposées
par les jumeaux avaient transformé le paysage en un véritable kaléidoscope.
Lorsque Neville et sa grand-mère eurent quitté le terrier, Arthur et Molly s'éloignèrent un instant. Ron
et Hermione les suivirent discrètement, laissant Ginny
éperdument accrochée à la vitre. Ils entendirent les murmures inquiets de Mme Weasley :
-Alors, c'est vrai ? demandait-elle
-Oui. visiblement c'est vrai..
Les voix se perdirent dans les boiseries de la maison.
-.le cherche à ce qu'elle dit ; mais elle avait gardé la canne ; le
danger est moindre maintenant.
-Oh ! Arthur. et s'il arrivait vraiment quelque chose !
-.
Les sons assourdis parvenaient à peine aux oreilles d'Hermione dont le
visage s'était mis à pâlir.
-. garderons ici, ce n'est pas un lieu sûr, mais c'est un lieu
suffisamment improbable.
-Tu es sûr ?
-Oui. et puis nous avons l'accord de Remus et de Minerva.
Les autres sont à sa recherche. De toutes façons, nous ne pouvons rien faire de
plus.. Attendre. pas tarder à revenir.. Tout ira bien, Molly.
Lorsqu'ils revinrent dans la pièce, Ron
semblait paresser sur le matelas. Hermione s'était quant à elle attelée de la
confection du gâteau : elle avait posé sur la table un livre de cuisine et
suivait pas à pas les indications. Ron la regardait
de temps en temps : elle ajoutait les ingrédients comme s'il s'était agi de
préparer un devoir de potion pour Rogue ! Elle mesurait, pesait, vérifiait
trois fois les consignes avant de mélanger les éléments au fur et à mesure. Ron s'approcha discrètement et tandis qu'elle se tournait
vers Molly pour lui demander le sucre, il plongea un
doigt dans le saladier.
-Pouah ! ne put-il
s'empêcher de lancer en grimaçant.
-RONALD ! Non mais ça va pas ? Qui t'a permis
de faire ça ? hurla Hermione.
-Ben je voulais savoir. maman ne prépare pas les gâteaux comme ça !
Dit-il d'un air un peu penaud. En même temps, vaut mieux, ajouta-t-il du bout
des lèvres, parce que là.
-Tu te prends pour le rédacteur du Michelin ? C'est
même pas encore fini ! Et puis c'est quand même pas du Kloug
! rétorqua Hermione, dont le visage avait
dangereusement viré à l'écarlate.
- Du quoi ? Encore une vieille recette tirée de je ne sais quelle
histoire de la cuisine dans les sous-sols de Poudlard,
c'est ça ? Quand est-ce que tu arrêteras d'étaler ta science ?
La tension était tout-à-coup palpable.
-Ron, intervint M. Weasley
! Il me semble que tu aurais plutôt des excuses à présenter à Hermione.
-Mff. Msssxe ! bredouilla Ron.
Le silence s'installa à nouveau.
-Dis-moi, Hermione, reprit M. Weasley, ce « Kloug », il me semble en avoir déjà entendu parlé. n'est-ce
pas le nom d'un liquide utilisé par les taxidermistes chez les moldus ? À moins que ce ne soit une marque d' aspirateur ? C'est bien cela, non ? Ces objets qui
permettent de créer du vent et aèrent vos maisons .
-Euh.ce n'est ni l'un ni l'autre M. Weasley,
le coupa doucement Hermione. Elle hésitait à se lancer dans une véritable
explication. En fait, c'est le nom d'un gâteau immangeable dans un film moldu.
-Intéressant. dit M. Weasley en plissant son
front. Son visage affichait une nette curiosité comme à chaque fois qu'Hermione
lui laissait la possibilité de poser des questions.Pourtant, cette fois-ci
Hermione eut le sentiment qu'il mentait.
-Et, tu pourrais me raconter ce film ? Si ça ne te dérange pas dans ta
recette, bien sûr, ajouta-t-il en souriant faiblement.
Hermione lui rendit son sourire et lança un regard glacé à Ron qui s'empressa de retourner sur le matelas
-Voilà Fred et Georges, lança Ginny. Mais sa
voix manquait d'enthousiasme.
-Enfin ! s'écria Molly, quelle idée de
traîner encore dehors par les temps qui courent !
-Joyeux Noel à toi aussi maman ! répondirent les jumeaux en choeur. Avant que leur mère eût
le temps de rétorquer, ils sortirent d'on ne sait où deux nuages en forme
d'anges portant un arc doré. Ils lançaient dans un grand tintamarre des
dizaines d' étoiles filantes qui se mirent à flotter
au plafond du terrier. Les angelots s'évaporèrent sur fond de retentissants
tintements de cloches. Fred et Georges éclatèrent de rire et regardèrent l'un
après l'autre les occupants de la maison. Ils
froncèrent tout à coup les sourcils.
-Harry n'est pas là ?
-Non. répondit le premier M. Weasley. il ne
va plus tarder maintenant.
Fred et Georges se regardèrent mais n'ajoutèrent rien. Ils ramassèrent
une immense sacoche à leurs pieds.
-. préparer quelques surprises, eurent-ils le temps de murmurer avant
de disparaître à nouveau, dans leur chambre cette fois.
Alors, la porte s'ouvrit et Harry apparut. Il était livide et essoufflé
; ses vêtements étaient en lambeaux. Il tenait sa baguette d'une main crispée
et ensanglantée. Personne ne disait mot. Harry avança à pas chancelants. Il
s'approcha de la fenêtre et, regardant au loin, fit un léger signe de tête vers
une forme allongée au sol, à plusieurs mètres de la maison. entre les lueurs
démultipliées de bleu et de rouge, éclairés par le reflet de la lune, on
distinguait une longue cape noire et des cheveux blonds.
-Harry . l'interrogea Hermione dans un souffle.
-J'ai rencontré Lucius Malefoy, dit
simplement Harry en s'effondrant sur le matelas.
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