Histoire de Lyra Fox
Deuxième au concours
La lune brillait sur l'épaisse couche de neige qui
bordait le parc de Poudlard. Dehors régnait un froid
de pingouin mais, puisque c'était le soir de Noël, il n'y avait pas âme qui
vive à l'extérieur. Élèves et professeurs étaient tous réunis dans la Grande
Salle où la fête battait son plein, malgré le menu plutôt douteux que leur
avaient réservé les elfes. Tels des taxidermistes, ces derniers avaient farci
un énorme Scrout à pétard et avaient servi un gâteau
à la mixture étrange qui lui conférait une ressemblance fort peu appétissante
avec un Kloug. Néanmoins, les fêtards s'amusaient
bien. Même Rita Skeeter était de la partie, arborant
toujours son sac en peau de crocodile, elle scrutait la salle et ses occupants
de ses petits yeux de détective et notait tout à l'aide de sa Plume à Papote.
Bref, c'était une soirée parmi tant d'autres pour tout le monde, à l'exception
de deux élèves pour qui ce Noël resterait à jamais gravé dans leur mémoire. Du
haut de la tour d'astronomie, Vincent Crabbe admirait les astres de la galaxie
d'un air songeur. Il n'avait pas le cour à la fête et, chaque fois qu'il avait
besoin d'un peu de solitude, il se réfugiait sur le toit de cette tour qui
était devenue, au fil des ans, son petit repaire à lui. Appuyé contre le mur de
pierre, Crabbe comptait les étoiles et tentait vainement de se souvenir du
chiffe qui venait après le sept - c'était bien le cinq, non ? - lorsqu'un bruit
sourd le fit sursauter. La lourde porte donnant l'accès au toit venait de se
refermer et Drago Malefoy
se tenait sur le seuil, l'air plutôt nerveux.
- Drago ? fit Crabbe d'un ton surpris.
- Oui, répondit celui-ci, c'est bien moi.
Crabbe lui trouva soudainement l'air moins nerveux, comme si Drago était soulagé d'être bien lui-même.
- Je croyais que tu étais à la fête, dit Crabbe en se grattant la tête.
Il fut prit d'un doute subit : et s'il n'y avait pas de fête ? Ce
n'était peut-être pas Noël ce soir, il aura confondu avec Mardi gras. Ça lui
était déjà arrivé deux ans auparavant.
- Je ne sais pas à quoi tu penses, dit Drago,
mais ça m'a l'air bien embêtant. Bref, laisse tomber ton air.d'abruti, et
écoute-moi !
Crabbe fronça les sourcils. Drago était
vraiment étrange ce soir, il avait hésité avant de le traiter d'abruti ! Mais
peut-être n'avait-il pas hésité, après tout. Peut-être avait-il simplement
voulu avaler sa salive avant de poursuivre. Ce sont des choses qui arrivent.
- Crabbe ! cria Drago
pour le rappeler à l'ordre.
- Oui, oui, je t'écoute.
- Ce sera bien la première fois. Bon, ouvre bien tes oreilles et
écoute-moi car je ne me répéterai pas. Si j'ai quitté la fête ce soir.
Ouf, il y avait bien une fête, Crabbe ne s'était pas trompé, c'était
Noël !
-.ce n'est pas parce que je ne sais pas danser ou parce que j'ai tout
mangé le Kloug et qu'il ne reste aucun dessert.
Ah ça, Crabbe s'en serait bien douté. Il connaissait assez Drago pour savoir que c'était un excellent danseur et qu'il
ne mangeait jamais de dessert, car il surveillait sa ligne !
- Pourquoi as-tu quitté la fête, alors ? demanda Crabbe pour prouver
qu'il était attentif et que la suite de l'histoire l'intéressait.
- Parce que je voulais te parler.bougre d'imbécile !
Alors là, il n'avait pas avalé sa salive, Crabbe en était sûr ! Il
avait bel et bien hésité !
- Crabbe, si je suis venu ici c'est que.ce que je voulais te dire c'est
que.oh, Vincent, mon Vivi, si tu savais ! s'exclama Drago en portant une main sur son cour. Je ne cesse de
penser à toi, chaque jour, chaque soir, chaque nuit, même si tu m'empêches de
dormir avec tes ronflements similaires au vacarme d'un aspirateur !
- Aspi-quoi ?
- Aspirateur ! C'est un truc que ma voisine moldue
utilise pour communiquer avec ses tapis.
- Mais Drago, il n'y a aucun Moldu dans ton voisinage.
- VAS-TU TE TAIRE ET ME LAISSER CONTINUER ?
- Ouiouioui, pardon, vas-y.
- Où en étais-je ?
- Au Tapisrateur.
- Aspirateur.
- Tu as dit que c'était pour les tapis alors c'est un Tapisrateur non ?
- CRABBE NOM D'UN SANG-DE-BOURBE
FOURBU ! s'emporta Drago. TU
ASSOIS TES FESSES SUR UNE TOILETTE ET POURTANT ELLE NE PORTE PAS LE NOM DE
FESSETTE, SI ?
- Bon d'accord, je me tais.
Le visage rouge et les poings serrés, Drago
soufflait comme un buffle. Il se calma, puis reporta sa main à son cour et
s'agenouilla.
- Crabbe, en fait ce que je tenais réellement à te dire c'est que
malgré l'odeur constante de chaussette mouillée que dégage tes vêtements,
malgré le fait que tu aies la grâce d'un ornithorynque et que tu te promènes
toujours avec une sacoche rose à paillettes destinée aux femmes, pour moi il
n'y a rien de plus beau que l' arc que forme ton gros
nez et tes yeux semblables à un kaléidoscope dans lequel je peux voir des
milliers de couleurs se refléter. Tous ces repas gastronomiques passés ensemble
et ces heures à essayer d'apprendre notre alphabet par cour constituent les
meilleurs moments de ma vie. Crabbe, la vérité c'est que.je t'aime. Oui,
Vincent Crabbe, je t'aime depuis le premier jour.
Complètement tétanisé, Crabbe ne s'était pas aperçu qu'il était
maintenant tassé contre le coin du mur et que Drago
était à quelques centimètres de lui. De tout ce grand discours, Crabbe n'était
parvenu à retenir qu'une chose. JE T'AIME. C'était une calamité ! Drago était amoureux de lui !
- M.m.mais Drago, balbutia Crabbe, que va
dire Lucius ?
- Je n'ai que faire de l'opinion de mon père, dit Drago
d'une voix douce. Dis-moi simplement que tu partages mes sentiments et nous
vivrons notre amour contre vents et marrées.
Crabbe ne savait plus que faire. Devait-il lui avouer la vérité et
blesser son ami ou devait-il lui dire qu'il l'aimait, au détriment de ses
propres sentiments ? Crabbe choisit la première option.
- Écoute Drago je. je t'aime bien tu sais,
mais malheureusement. mon cour appartient déjà à quelqu'un d'autre.
Il y a une expression dont on use lorsqu'un personnage vit une grande
peine. On dit que son visage se défait. Cependant, là, le visage de Drago se défit vraiment ! Son nez s'élargit, sa figure
s'épaissit, ses yeux se renfoncèrent dans leur orbite et ses cheveux blonds
devinrent bruns. En quelques instants, Drago eut
complètement disparu et ce fut Gregory Goyle qui se
tint devant Crabbe.
- Gregory ? dit Crabbe dans un hoquet de stupeur.
- J'ai réussi à subtiliser du Polynectar au
professeur Rogue qui en avait préparé pour je-ne-sais
quelle raison, avoua Goyle. Puis j'ai assommé Drago et je l'ai caché sous son matelas.
- Mais.pourquoi ?
- Parce que j'avais peur de te dévoiler l'amour que j'avais pour toi,
je craignais que tu sois amoureux de Drago puisque
nous sommes si souvent ensemble tous les trois. Je voulais en avoir le cour net
sans perdre la face. Je l'ai tout de même perdue, mais d'une autre manière.
- Oh Goyle, je suis si heureux ! Quand je
disais que mon cour appartenait à quelqu'un d'autre, je faisais allusion à toi,
Greggychounet ! Je t'aime !
Et les deux garçons s'embrassèrent dans cette nuit magique de Noël.
FIN.