Les démons de la
nuit
Chapitre
9 : La Trahison
Après
cette rencontre qui avait conforté Rogue dans sa décision, il savait désormais
où était sa mission. Il devait entrer dans la rébellion, contre le Seigneur des
Ténèbres et rejoindre les résistants de Dumbledore.
Ce ne serait pas facile, bien sur… Pour quelle raison Dumbledore
l’accepterait-il parmi eux ? Après tout, lorsqu’il était à Poudlard il appartenait à la maison Serpentard.
Et ce n’est pas parmi eux que Dumbledore escomptait
du soutien…
Et
comment atteindre Dumbledore ? Il ne connaissait
aucun de ses proches. Pouvait-il aller trouver Abelforth
Dumbledore, se présenter à lui comme le fils de Sophaletta et lui demander de le parrainer ? Non. Abelforth se demanderait pourquoi il venait le voir, lui,
justement. Et qui lui aurait parlé de ses rapports –secrets- avec Sophaletta. Il lui demanderai peut être aussi qui était son
père… C’était impossible. Rogue ne pouvait aller le voir directement.
Il
se souvint alors d’un épisode de sa jeunesse au cours duquel la bande de Potter
et Black l’avait attaqué et humilié. A cette occasion, Dumbledore
l’avait défendu et châtié les coupables. Il savait être juste et équitable.
Oui, il fallait qu’il s’adresse à Albus Dumbledore directement. Mais comment se présenter devant le
directeur de Poudlard ? Surtout s’il voulait que
son entrevue reste secrète… Il n’en avait pas la moindre idée, mais savait
qu’il y parviendrait puisque tel était son destin…
En
tout les cas, ce n’était pas en restant ici, coincé entre un cimetière et une
forêt, qu’il aurait des chances de parvenir à ses fins. Il décida de partir
pour Londres. Il y ferait quelques emplettes et en profiterais pour trouver un
moyen de contacter Dumbledore. Ne serait-ce que par
un simple hibou postal…
Il
utilisa la poudre de cheminette et se retrouva
bientôt dans l’allée des embrumes. Il s’y sentait vraiment à l’aise. C’est dans
une de ses boutiques qu’il avait rencontré Lucius Malefoy.
L’allée rengorgeait de commerces de magie noire et de bouges mal famés. De
nombreux mages et sorcières allaient d’échoppes en bazars, cherchant le produit
interdit, les herbes toxiques et les objets défendus… Certains avaient le
visage voilé pour éviter d’être reconnus, d’autres ne s’attardaient pas et
repartaient rapidement avec leurs acquisitions.
Ce
n’était évidemment pas ici que Rogue trouverait ce qu’il cherchait. Il fit
quelques pas et se retrouva sur le chemin de Traverse. On aurait dit un autre
monde. Autant la rue d’où il venait
était sombre et glaciale, autant celle ci était ensoleillée et gaie. Il passa
devant des boutiques aux vitrines bariolées, décorées de couleurs vives. Toutes
sortes d’objets merveilleux y étaient proposés à la convoitise des
passants : balais, chaudrons, hiboux et animaux en tout genre. Seule la
boutique d’Ollivander était un peu plus sobre. Il
décida d’aller y faire un tour. Les lieux étaient calmes et déserts.
Un
grand comptoir de bois sombre trônait au fond de la pièce. Un meuble aux
tiroirs garnis de poignées en laiton, une table basse et une chaise
complétaient le mobilier. La boutique était peu éclairée. Les yeux de Rogue en
firent rapidement le tour. Sur la table étaient disposés les quotidiens du
jour : « La gazette du sorcier », bien sur, mais aussi
« L’écho des cimetières » et même « Les nouvelles noires »,
ce qui fit naître un sourire sur les lèvres de Severus,
car ce dernier titre était connu pour ses opinions tranchées contre les moldus. Les exploits de Voldemort
et de ses mangemorts y étaient souvent relatés et
loués.
Il
n’entendit pas arriver Ollivander.
-« Monsieur,
vous désirez ? »
-« Eh,
bien je viens faire réviser ma baguette. Par moment elle n’en fait qu’à sa
tête. Et l’extrémité en est un peu usée… »
-« Voyons,
montrez moi cela. » Rogue lui tendit sa baguette. Il la prit et l’examina
sous toutes ses faces avant de déclarer :
-« Belle
pièce. Ancienne. »
-« C’était
celle de ma mère. Elle vient d’Ecosse. »
-« Hum,
racine de bruyère centenaire, trente centimètres, plutôt grande pour une
baguette de femme. Savez vous ce qu’elle contient ? »
-« Mon
grand-père parlait d’une dent de dragon. La crosse est recouverte de la peau de
ce même dragon. »
-« En
effet, bel ouvrage ! Votre famille doit être ancienne parmi les sorciers.
Pas de mariage malheureux ? De mésalliance avec des moldus ? »
Et comme Rogue ne répondait pas, il enchaîna. « On dirait que cette
baguette vient de chez mon collègue McBrannagh. Il
n’y a que lui pour travailler le cuir de dragon d’aussi belle manière. Voyez ce
grain lisse, cette douceur… Vous possédez toujours l’étui assorti ? »
-«
Non. Ma mère l’a sans doute égaré. Ou bien il s’est abîmé au fil des
ans. »
-« Quel
dommage ! C’est toujours un peu triste de voir le peu de cas que certains
font de leurs étuis. Ils forment pourtant un tout avec la baguette qu’ils
protègent. Ils ont la délicate mission
de la maintenir en bonne état et de la protéger des ravages du temps. Cela
explique sans doute l’usure de votre baguette. Bien je vais voir ce que je peux
faire… »
Ollivander s’approcha de
Rogue et lui désigna la chaise.
-« Installez-vous,
je vous en prie. Voulez-vous goûter un peu de liqueur d’aspic, pendant que vous
patientez ? C’est une tradition dans notre famille… Celle-ci est presque
centenaire. » et sans attendre la réponse, il
prit sur une étagère un flacon dans lequel une vipère flottait dans l’alcool,
ainsi qu’un verre en cristal taillé. Il versa un peu de cette liqueur et tendit
le verre à Severus.
-« Tenez,
buvez. Et n’hésitez pas à lire un peu, pendant que je m’occupe de votre
baguette. » Rogue s’assit près de la table. Il se méfiait de toute boisson
proposée par des sorciers. Lorsque Ollivander fut
retourné dans son atelier, il versa le contenu de son verre dans un pot de
mandragore qui décorait la pièce. Il entendit la mandragore se délecter et vit
ses feuilles trembler.
Il
prit la pile de journaux, regarda les gros titres. Partout il était fait
mention de « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ».
Certains articles célébraient ses victoires, d’autres préconisaient la
prudence. Partout s’étalait le triste état du Royaume et ce que « Vous-savez-qui » allait en faire. Il tournait les
pages, exaspéré de ne trouver nulle part mention de la résistance exercée par
l’armée de Dumbledore. Il passa la page sportive.
L’équipe de quidditch écossaise avait vaincu celle du
Pays de Galles. Il eut un sourire. Les recettes de Grand-mère Carabosse le
laissèrent de marbre. Pot-au-feu de dragon aux trois choux ou tourte à la
citrouille, il passa rapidement toutes ces lignes.
Lorsqu’il
parvint à la page des petites annonces, son œil fut attiré par l’une d’entre
elles.
« On
demande un Maître en l’art d’enseigner les potions. Le poste consiste en
l'initiation à la pratique de fabrication des philtres en tout genre, pour des
élèves de niveau débutant à confirmé. Le professeur
sélectionné devra assurer les préparations aux BUSE et ASPIC. Il sera logé et
nourri et assurera les fonctions de directeur de l’une des maisons du collège.
L’Etablissement est de renommé mondiale, aussi seule
une personne sérieuse et qualifiée sera choisie. Merci de ne pas vous présenter
si vous ne répondez pas à ces critères. S’adresser à Albus
Dumbledore. Ecole de Sorcellerie, collège Poudlard. »
Il
relut l’annonce plusieurs fois. Il pensait avoir trouvé le moyen d’approcher Dumbledore sans attirer l’attention. Il était parfaitement
compétent dans l’art subtil de la préparation des potions. Bien sûr, il aurait
préféré enseigner une matière plus prestigieuse, comme la Défense Contre les
Forces du Mal ou la Magie noire, mais il devait saisir l’occasion qui se
présentait. Et puis il voulait passer inaperçu. Sa décision était prise, il se
présenterait pour le poste.
Lorsque
Ollivander revint, il le trouva plongé dans ses
pensées et il dut toussoter discrètement pour le
rappeler à la réalité. Rogue se leva. Ollivander
avait réussit à redonner une allure plus présentable à sa baguette. Il lui
proposa également un étui en cuir de dragon vert qu’on pouvait suspendre facilement à la
ceinture grâce à une courroie. Rogue remercia, paya et quitta la boutique.
Il
se dirigea vers le bureau de poste. Là, il s’assit à une table, pris du
parchemin et une plume, parmi ceux mis à la disposition du public, et rédigea
pour Dumbledore une demande de rendez-vous en vue de
l’obtention du poste. Il scella la missive et la déposa sur le guichet avec
quelques mornilles. L’employé prit un hibou parmi
tous ceux qui somnolaient sur un perchoir derrière lui, attacha la lettre à sa
patte et lui assura que le pli serait remis à son destinataire dans la journée.
Après cela, il s’occupa de la personne suivante, une sorcière qui venait
retirer un paquet, mais dont le rat familier avait grignoté le numéro du bon de
retrait. Puis Rogue reprit le chemin de l’allée des embrumes afin de rentrer
chez lui.
Le
lendemain, un courrier de Dumbledore lui parvint. Il
devait se présenter à Poudlard le samedi suivant. Il
pouvait d’ores et déjà emporter avec lui quelques affaires, car s’il convenait
il s’installerait immédiatement dans son office. Aucun Poudlard
Express n’étant prévu à cette période de l’année –ils étaient réservés à
l’affluence de la rentrée scolaire, ainsi qu’aux départs en vacances- il
pouvait prendre le Magicobus jusqu’aux abords de Poudlard. L’auberge de Madame Rosemerta
à Pré-au-Lard serait son point de rendez-vous où on
viendrait le chercher.
***
Longtemps
après il se demanda toujours pourquoi Dumbledore lui
avait accordé sa confiance si facilement. Lorsqu’il était arrivé à Pré-au-Lard, il s’était demandé s’il ne faisait pas
l’erreur de sa vie. Mais il était fermement décidé à s’opposer à Voldemort par tous les moyens possibles, et se joindre à
l’armée de Dumbledore était celui qu’il avait
finalement trouvé de plus efficace. Et puis une espèce de géant, nommé Hagrid et qui se présenta comme le Gardien des clefs et des
lieux à Poudlard et accessoirement faisait office de
garde-chasse, vint le chercher. En apercevant les sombrals
qui tiraient le carrosse il eut un frisson. Il n’aimait pas ces animaux,
synonymes de mort et de deuil. Il espéra que ce n’était pas un présage néfaste.
Hagrid le conduisit jusqu’au
bureau du directeur. Dumbledore l’accueillit avec
curiosité.
-« Ah !
Severus Rogue ! Vous étiez élève ici il y a
encore peu de temps… Entrez, entrez… ! Merci Hagrid !
Vous pouvez nous laisser maintenant… »
Rogue
regardait la pièce dans laquelle il pénétrait pour la première fois. Elle était
encombrée d’un fouillis d’instruments de toutes sortes. L’optique et
l’astronomie était apparemment l’une des passions du
professeur Dumbledore. Les yeux de Rogue se
tournèrent ensuite vers les portraits qui recouvraient les murs de la pièce et
qui le dévisageaient avec curiosité. La voix de Dumbledore
le rappela à la réalité.
-«
Comme vous avez changé pendant ces quelques années ! Vous avez l’air
d’avoir vécu plus d’événements qu’un simple mortel ne peut en affronter tout au
cours d’une longue vie ! Il est vrai que l’époque à laquelle nous vivons
n’est pas sereine… Mais installez vous donc. » Il désigna un fauteuil de
velours rouge. Lui même s’installa derrière son bureau.
-« Bien !
J’ai consulté vos anciens dossiers scolaires. Vous étiez un élève appliqué mais
peu loquace et un peu timoré. Avez-vous suffisamment pris confiance en vous
pour vous adresser à une classe entière et leur imposer le
respect ? Il est très important qu’un professeur soit respecté de ses
élèves. Que ce soit par la sévérité ou par la douceur. Il faut aussi qu’il soit
juste. Mais nous verrons tous cela en détail… après. »
Il
se tut et regarda son interlocuteur au fond des yeux
durant quelques instants. Severus eut l’impression
d’être à sa merci.
-« Et
maintenant », reprit le directeur « Dîtes-moi quelle est la véritable
raison qui vous à poussé à vous présenter à ce poste. Nous savons tous les deux
que la matière enseignée, bien qu’intéressante, n’est pas la plus prestigieuse.
J’ai par ailleurs beaucoup de mal à trouver des professeurs pour l’enseigner.
Vous êtes jeune, ambitieux certainement. Vous avez sans doute de grands
projets. Tout le contraire des qualités requises pour l’emploi… Alors Severus voulez-vous me dire réellement pourquoi vous
avez tenu à me voir en particulier ? »
Rogue
hésita un instant. Dumbledore était l’exact opposé du
Seigneur des Ténèbres. Autant Voldemort irradiait la
haine et se faisait obéir par la crainte et la terreur qu’il inspirait, autant
le directeur de Poudlard inspirait la confiance et le
respect par son attitude majestueuse et digne. Il décida d’être sincère.
-« Vous
connaissez sans doute mon histoire. Lorsqu’un élève entre à Poudlard,
vous constituez certainement des dossiers sur le passé de sa famille. Vous
savez quelle était la mienne, une ancienne famille de mages noirs, au sang-pur, mais pauvre. Vous ignorez peut être que j’ai
perdu ma mère encore jeune et que personne ne sait qui est mon père… » Il
avait hésité sur ce dernier mot et Dumbledore le
rassura.
-« Ce
n’est pas l’histoire de votre famille, Severus, qui
est importante. Mais bien la vôtre propre. Vos
expériences, vos erreurs, vos échecs, vos réussites aussi, vous forment bien
plus que la tradition familiale et tous les enseignements au Monde.
Qu’avez-vous fait depuis votre départ de Poudlard ?
Qu’avez-vous à me demander ? »
Rogue
sentait que l’heure était venue de s’expliquer. Il ne pensait pas que cela
serait si difficile… Il se lança.
-« Monsieur
le directeur, je suis venu me mettre à votre service. Je veux dire, pas
seulement pour enseigner les potions, mais aussi dans votre lutte contre les
forces du mal. Je voudrais vous aider à vaincre votre pire ennemi, le Seigneur
des Ténèbres. » Rogue se sentit soulagé. Il avait réussi à s’expliquer. Dumbledore le regarda en souriant.
-« C’est
très bien de vouloir vous engager ainsi », dit-il, « Mais pourquoi
pensez-vous que j’aurais besoin de vous ? Qu’est-ce qui me confirme que je
peux avoir confiance en vous ? Nous sommes déjà nombreux, même si personne
ne le sait exactement. Qu’apporteriez-vous de plus à notre cause ? »
Evidemment !
Il aurait dû s’en douter ! Dumbledore n’allait
pas lui ouvrir toutes grandes les portes de son organisation secrète !
D’autant qu’il était un ancien serpentard, la maison
où le Maître recrutait ses mange-morts. Dumbledore savait-il d’ailleurs qu’il en faisait
partie ? Rogue en était persuadé. Déjà lorsqu’il était à Poudlard on disait que le directeur était au courant de
tout ce qui se passait dans le château. Les élèves disaient qu’il avait le don
de double vue, que les portraits sur les murs étaient ses espions, que les
fantômes lui faisaient leur rapport tous les soirs…
Rogue
sourit. A l’époque, chez les serpentards, on disait
que c’était des bobards pour museler les élèves et donner au directeur une plus
grande autorité. Maintenant qu’il se trouvait face à lui, Rogue hésitait. Il
émanait de sa personne une sorte de fluide, comme une aura, qui le rendait
intouchable. Comme au dessus des contingences terrestres… Rogue ne devait plus
douter. S’il lui cachait quelque chose il sentait que Dumbledore
le découvrirait de lui même et que cela le desservirait. Il prit sa respiration
et se lança.
-« Je
pensais que je pourrais vous fournir certains renseignements auxquels vous
n’avez pas accès… au sujet du Maître… je veux dire… de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom… »
-« Allons,
Severus, vous pouvez l’appeler Voldemort !
Le nom même d’un monstre n’a aucun pouvoir particulier ! La peur d’un nom
ne fait que renforcer la peur de la personne elle-même. Il n’est pas de
puissance que vous devez craindre, si vous voulez vous ranger à nos
côtés… »
Rogue
ne répondit pas. Il hésitait maintenant au moment de l’aveu suprême. Il se
sentait en confiance, mais Dumbledore allait-il
croire son réel désir de le servir ? Ou, au
contraire le renverrait-il sans ménagement ? Ou, pire encore, le ferait-il
prisonnier pour lui soutirer des renseignements ? Il joua le tout pour le
tout et releva sa manche. Tout en désignant le tatouage de son avant-bras, il
déclara :
-« Voilà,
monsieur le Directeur, je suis des leurs. Une sorte d’aveuglement m ‘a
fait m’engager parmi eux. Je croyais y trouver mon destin, une sorte de…
famille. Mais j’ai vu la puissance du mal, j’ai tué des innocents et j’ai
compris que ce combat était une erreur. Je suis prêt à renier mon passé et à le
combattre.
Je
sais que votre armée est puissante, mais je voudrais participer à votre
victoire. Je peux accélérer sa défaite en vous informant de ce qu’Il prépare,
vous donner les noms de ceux dont vous devrez vous méfier. Je suis prêt à
risquer ma vie pour cela. »
Dumbledore l’observait,
les yeux fixes. Ils pénétraient jusqu’au tréfonds de son âme. Rogue sentit une
étrange chaleur l’envahir, suivi d’un frisson lorsque la voix de Dumbledore se fit entendre.
-« Vous
avez vécu des événements dramatiques. Le lien qui vous unit à Voldemort est très fort. Mais je crois en votre sincérité.
J’accepte par avance le sacrifice que vous pourriez faire de votre vie en me
servant. Il rachèterait votre passé.
Je
vais vous offrir le poste pour lequel vous postulez. Par la même occasion il
fera de vous le directeur de la maison Serpentard. Ce
qui vous conférera une certaine importance auprès des élèves, que ne vous
donnerait pas le simple titre de Maître des potions. Vous pourrez ainsi mieux
surveiller vos élèves. Ils ne se méfieront pas de vous. Certains connaissent
les secrets de leurs parents, mais sont plus faciles à piéger.
Vous
pouvez vous installer dès ce soir et commencerez vos cours dès la semaine
prochaine. Faites vous craindre et respecter, ayez l’œil aux aguets. Si vos
anciens amis se manifestent, accueillez-les comme il se doit. Et surtout prenez
garde à vous. »
Severus s’inclina.
-« Je
vous remercie de votre confiance, monsieur le Directeur. De tout cœur j’espère
vous servir au mieux. Vous n’aurez pas à regretter de m’avoir accepté parmi
vous. »
-« J’ai
vu le fond de votre âme, Severus. Je sais que vous
êtes honnête. Je sais aussi qu’il vous sera difficile d’accepter de côtoyer
certains de nos membres… d’anciens condisciples que vous ne portez pas dans
votre cœur… Je vous demande cependant un effort au vue
de la période que nous traversons. Je crois que de graves événements se
préparent. La volonté de vaincre devra faire taire nos querelles particulières.
Je compte sur vous Severus. »
Rogue
resta silencieux un instant. Il aurait
certainement du mal à se faire accepter de certains, en effet… Mais ce
n’était pas ce qu’il désirait. Plus que tout il voulait détruire celui qui
avait fait souffrir sa mère et l’avait entraîné dans la voie de l’horreur. Il
s’inclina de nouveau devant Dumbledore et quitta le
bureau. Il avait une semaine pour se faire un nom et sa place à Poudlard.
