Les Démons de la nuit
Rogue en eut le souffle coupé. Qui était
cette femme qui l’avait reconnu ? Et que savait-elle exactement ? Il
la regardait fixement, mais personne autours d’eux n’avait fait attention aux
dernières paroles prononcées par Deirdre.
-« Tu
ne me connais pas, n’est-ce pas ? Mais impossible pour moi de ne pas
reconnaître en toi le nez de ton grand-père et la couleur des cheveux des
Rogue. Noir comme l’enfer, disait-on… »
Elle
le regarda en silence quelques instants et reprit :
-« Oui,
tu as beaucoup changé depuis ton départ. Tu es plus assuré, plus fort, plus
mystérieux aussi. Que cherches-tu ? Pourquoi es-tu revenu ? La maison
familiale n’est plus qu’une ruine habitée par les corbeaux et nous sommes peu
nombreux à nous souvenir de tes grands-parents et de ta mère. »
Rogue
sursauta. Elle sut qu’elle avait touché le point sensible.
-« C’est
pour ta mère que tu es revenu, n’est-ce pas ? Si tu viens avec moi je t’en
parlerais plus longuement. Elle s’était confiée à moi. Je suis sa
marraine. » Elle attrapa une cape de tweed usée et décolorée par le temps,
s’enroula à l’intérieur et quitta le pub. Rogue lui emboîta le pas. Sa mère ne
lui avait jamais parlé d’elle, mais il sut instinctivement qu’il pouvait lui
faire confiance. Elle l’entraîna jusqu’à la petite maison de pêcheur qu’elle
occupait près de la plage, un peu à l’écart du village. La porte close s’ouvrit
sur un murmure de Deirdre et il lui suffit de pointer sa main sèche vers l’âtre
pour qu’un bon feu y brûle soudain.
-« Assied-toi,
Severus. Tu es toujours aussi taciturne, mais je devine les questions se
bousculer au bord de tes lèvres. Je vais tout d’abord te parler un peu de moi.
Je m’appelle Deirdre, mais dans le village on m’appelle la sorcière ou la
radoteuse, mais ils me respectent car je suis la plus âgée et la mémoire du
passé. Je me souviens d’événements datant du siècle dernier. Les villageois
pensent qu’on me les a racontés, mais je les ai vraiment vécus. J’aurai cent
trente cinq ans à l’équinoxe…
« J’ai
connu ta grand-mère pendant un sabbat de sorcières, alors qu’elle avait à peine
vingt ans. Elle était douée. Très douée. Elle parlait aux serpents et savait
lire l’avenir dans le vol des oiseaux. Malheureusement elle a rencontré ton
grand-père. Il l’a envoûté. Elle ne
voyait plus que par lui, épousait toutes ses idées et défendait ses théories
les plus absurdes. Lorsqu’ils se sont unis, il lui a défendu de me fréquenter.
Mais nous arrivions à communiquer par télépathie et les soirs où il était de
sortie à l’auberge, nous nous retrouvions en cachette.
« Quand
il rentrait il était en général ivre. Elle se cachait pour ne pas être battue,
mais la plupart du temps il tombait raide avant de pouvoir la frapper. Puis ta
mère est née et il a été plus calme. Il adorait sa fille. Il était en
admiration devant elle. Il disait qu’elle était tout son portrait, qu’elle
ferait de grandes choses. Lorsqu’elle a eut trois ans, ton grand-père a du
quitter le village quelques mois. C’était lors des dernières batailles entre
l’armée de Dumbledore et celle de Grindelwald. Ton grand-père avait rejoint les
forces du mage noir et n’est rentré qu’après sa chute.
« Pendant
son absence, j’allais voir ta mère tous les jours. C’est à ce moment qu’elle
est devenue ma filleule. C’était une petite fille adorable, vive, enjouée. Elle
commençait à montrer de grandes prédispositions pour la magie. Je lui apprenais
à faire léviter de petits objets, à connaître les plantes, les arbres. Je lui
avais fabriqué une baguette à sa taille avec laquelle elle s’entraînait à
lancer des sorts. Et puis ton grand-père est revenu. Il avait été blessé lors
d’un combat.
« Je
ne pouvais plus voir ta maman qu’en cachette. C’est à cette époque que je suis
devenu un animagus. Je me transformais en corbeau pour la surveiller de loin.
Ta maman est devenue une sorcière très puissante. Ses parents lui avaient
enseigné tous les sortilèges de magie noire qu’ils connaissaient et elle allait
à tous les sabbats des environs. C’est là qu’elle a entendu parler du Seigneur
de Ténèbres. Il n’avait pas encore atteint son apogée, mais commençait à
rassembler autours de lui une petite troupe de fidèles qu’ils appelait ses
mangemorts. Ta mère en parlait sans cesse. Il vengerait l’affront qu’avait fait
subir les troupes de Dumbledore à celles de Grindelwald. Son père ne s’était
pas battu pour rien. Un ordre nouveau allait arriver. Les sangs-purs, comme
eux, seraient enfin reconnus à leur vraie valeur.
« Comme
beaucoup d’entre nous, elle était fascinée. Et puis un jour elle l’a rencontré.
Il était beau, séduisant, puissant. Elle a tout abandonné pour le suivre. Ses
parents étaient à la fois inquiets mais fiers pour elle. Elle ne venait plus
nous voir, mais souvent on entendait parler de cette mystérieuse jeune femme en
noir qui accompagnait le Maître partout où il allait. Il avait fait d’elle sa
compagne officielle. Et puis un jour funeste elle revint. Elle t’attendait et
pleurait beaucoup. Le Maître l’avait chassé ne voulait plus la voir. Pendant
longtemps elle n’a rien dit d’autre. Son père essayait de la faire parler, sans
succès.
« Lorsque
tu es né elle était heureuse, mais on voyait qu’elle avait peur pour toi. Ses
parents avaient appris qu’elle avait été renvoyée car le Seigneur des Ténèbres
avait découvert qu’il n’était pas le père de l’enfant à venir. Elle n’a jamais
voulu dire à personne si c’était la vérité, ni qui était ton véritable père… A
personne, sauf à moi… »
La
voix de Deirdre s’éteignit. Elle restait muette en regardant Severus. Celui-ci
brisa le silence.
-« Vous
savez qui est mon père ? Je suis venu ici jusqu’ici pour le découvrir.
Dîtes le moi, s’il vous plait. »
-« C’est
une histoire bien compliquée, et tu risques d’être déçu en apprenant la vérité.
Es-tu sûr de vouloir l’entendre ? »
Rogue
ne répondit pas tout de suite. Il tendit le bras, releva sa manche et montra à
Deirdre la marque des ténèbres tatouée sur son avant-bras.
-« Voilà,
je suis allé chez eux. Je voulais découvrir qui était mon père. J’étais curieux
de voir celui qui avait vécu avec ma mère et l’avait chassé. J’ai cru que je
pourrais me retrouver en lui, je voulais qu’il soit mon père. Et puis, j’ai eut
peur. Ce sorcier n’est pas humain. C’est un monstre. Ceux qui le suivent sont
aveuglés et envoûtés. Ils ont soif de puissance et de gloire et Il les manipule
à sa guise, comme des pantins. Je ne veux pas devenir comme eux, même si je
sais que mon engagement auprès de lui devra durer jusqu’à la mort. Dîtes-moi
qui est mon père. »
Deirdre
regarda Rogue en souriant. Elle avait envie de le serrer contre lui, mais se
contenta de faire un pas en avant.
-« Tu
parles comme ta mère à son retour. Au début elle aussi avait été ensorcelée par
le seigneur des Ténèbres. Sa prestance, son charme, sa beauté. Et puis elle a
vécu dans son ombre. Elle l’a vu, comme toi, ordonner des exécutions cruelles,
n’avoir aucune pitié et elle a eut peur.
Comme toi, elle était liée avec lui jusqu’à la mort… Elle était comme
prisonnière.
« Un
jour le Maître est parti à l’étranger avec quelques uns de ses plus proches
fidèles. Il ne voulait pas que ta mère le suive car il y avait de grands
risques. C’a été pour elle une époque de relative liberté. Elle n’osait pas
rentrer chez ses parents, mais elle est venue me voir une fois. Elle doutait.
Se demandait si elle avait fait le bon choix, mais ne savait comment échapper à
l’emprise du Maître. Et puis elle a rencontré un autre homme. Il n’était ni
très beau, ni très jeune et il était du côté du bien. Il avait combattu avec
Dumbledore et elle pensait qu’il pouvait l’aider.
« Ils
se sont vu souvent et un sentiment étrange s’est installé entre eux. Il aurait
pu être son père, mais elle avait confiance en lui. Ils se sont aimés. Ils
devaient s’enfuir ensemble, quand le Maître est rentré. Ta mère était prise au
piège. Elle n’a pas pu rejoindre son amant à temps et lui a dû partir en
mission pour Dumbledore quelques jours. Lorsqu’il est revenu, il était trop
tard. Et puis ta mère a compris qu’elle attendait un enfant de lui. Elle a
tenté de faire croire au Maître que c’était le sien.
« Il
y a cru quelque temps, mais les astres lui ont révélé la vérité. Il est rentré
dans une colère noire. C’est un miracle s’il ne l’a pas tuée. Elle ne savait
pas où aller. Ton père n’était pas encore rentré de sa mission. Elle est revenue
chez nous. Elle a longtemps eut peur que le Seigneur des Ténèbres s’en prenne à
son enfant une fois qu’il serait né. Aussi te cachait-elle soigneusement. Mais
il t’a laissé tranquille, jugeant peut être que cela n’en valait pas la peine.
Et puis il avait d’autres projets… »
-« Et
mon père ? Il est revenu ? Pourquoi n’est-il pas venu nous chercher
comme ma mère le répétait régulièrement ? »
-« Oui,
il a mené à bien sa mission, mais lorsqu’il a voulu retrouver ta mère, il ne
savait pas où la chercher ! Tu penses bien qu’elle n’avait pas laissé son
adresse en partant ! Et puis il ne savait pas qu’il avait un
enfant… »
-« Mais
ma mère aurait pu chercher à le rejoindre… S’il faisait partie des troupes de
Dumbledore, elle aurait pu, par son intermédiaire, le retrouver. »
-« Justement,
c’est là qu’est le problème ! Tu imagines la fille d’un de ses
adversaires, mange-mort elle même et compagne avérée du Maître, aller trouver
Dumbledore et lui dire : le père de mon enfant est parmi vous,
indiquez-moi son adresse ? Et puis elle avait une autre raison pour éviter
Dumbledore… »
-« Laquelle ? »
-« Ton
père. C’est Abelforth Dumbledore ! Le propre frère d’Albus… »
-« Abelforth !
… Mais, alors… Albus Dumbledore est … mon… »
-« Oui,
c’est ton oncle. Mais, sauf si ses boules de cristal le lui ont révélé, il
n’est pas au courant. Abelforth lui même ne sait pas qu’il a un enfant… Il n’a
jamais retrouvé ta mère. En fait, elle espérait qu’il remuerait ciel et terre
pour la retrouve, mais il s’est très vite lassé, croyant que ta mère l’avait
abandonné. Il a eut quelques ennuis avec le Ministère de la Magie. Il faisait
un peu de magie noire, malgré la désapprobation de son frère, et a été inculpé
pour sortilèges interdits sur une chèvre. Aux dernières nouvelles, il tiendrait
une auberge un peu mal famée… »
Deirdre
s’était tu. Rogue la regardait en silence. Il avait ce qu’il était venu
chercher, mais restait cependant un peu déçu. Son père n’était pas un mangemort
comme il l’avait cru longtemps. Sa mère n’avait pas succombé à la jeunesse et à
la beauté. Enfin, il était parent avec Dumbledore, l’ennemi juré des sorciers
noirs dont faisaient partie ceux de sa famille. Comment allait-il vivre
maintenant avec toutes ces contradictions ? Deirdre le regarda en souriant
et elle ajouta :
-« Tu
voulais connaître la vérité, Severus. Quelquefois le doute fait naître des
illusions qu’il n’est pas toujours bon de chercher à effacer. Tu avais une
autre image de ton père, idéalisée. Tu es forcément déçu. Mais tu as franchi
une étape. Maintenant tu sais. Le savoir, même si quelquefois il déroute et
déçoit, enrichit toujours l’homme de son expérience bonne ou malheureuse.
« Lorsque
tu es né, ta grand-mère est entré en transes. Elle a fait une prophétie qu’elle
m’a confié tant elle l’horrifiait. Je l’ai toujours conservé, car je savais
qu’un jour tu viendrais la chercher. »
Deirdre
s’approcha d’un coffret en santal qui était posé sur la cheminée. Elle le prit
délicatement et l’ouvrit d’un tour de baguette. L’intérieur était tapissé de
velours noir. Elle en tira une sphère enveloppée d’un tissu de soie. La
prophétie scintillait à travers le tissu. Deirdre prit la boule de lumière
entre ses mains desséchées. Au moment de la remettre à Rogue elle hésita.
-Je
ne sais pas si tu auras la force de l’écouter maintenant, ou si tu ferais mieux
d’attendre un peu. La révélation du nom de tom père t’a apparemment bouleversé
et la prophétie risque de t’achever. Tu es jeune encore, ton avenir te semble
ouvert. Si tu entends la prophétie, tu n’agiras plus à ta guise. Tu te croiras obligé de suivre ton destin ou de le combattre. Il vaut peut
être mieux que tu le découvre plus tard… »
Rogue
la regarda attentivement, puis il finit par dire :
-« Mais,
vous, vous connaissez la prophétie ? Ma grand-mère a du vous en
parler… »
-« Elle
était bouleversée en me la remettant. Elle espérait tant s’être trompée… Elle
aurait aimé la faire disparaître, mais personne n’a ce droit… Elle ne voulait
surtout pas que ton grand-père la découvre… »
-« Je
crois que notre destin est le plus fort. Il nous rattrape tous, un jour ou
l’autre. Ce jour-là, il vaudrait peut-être mieux que je sache ce qu’il attend
de moi ? »
-« Bien.
Tu es le seul maître de ton avenir. Mais tu devrais peut-être t’asseoir pour
l’entendre… »
Deirdre
fit avancer deux tabourets et elle sortit d’un placard une sorte de calice
doré. Elle posa la sphère qui s’imbriqua parfaitement dessus. Le feu s’était éteint.
Severus frissonna. Deirdre ne disait plus rien. Ses yeux brillaient dans la
pénombre. Elle regarda la coupe et se mit à psalmodier d’une voix sans timbre
-« Fata, fata, Destinity,
Montre
nous ton secret
Dans
les brumes de la nuit,
Fait nous partager
la destinée… »
Soudain
la boule se mit à resplendir comme si elle était éclairée de l’intérieur. Rogue
n’osait plus respirer. Un étrange parfum de santal emplit la pièce, accompagné
d’une pâle fumée blanchâtre. Soudain une voix venue des lointains se mit à
articuler. Severus crut reconnaître les intonations de sa grand-mère, mais
comme effacées et faibles. La voix chevrotait.
-« Conçu entre haine et amour,
Le sort de l’enfant né ce jour,
Hésitera sans cesse entre bien et mal,
A la noirceur, un temps il se liera,
Puis en secret la trahira,
Au risque qu’elle lui soit fatale… »
Le
dernier mot résonna longtemps dans la pièce sombre et glacée. Ni l’un ni l’autre
ne bougeait. Rogue ne savait plus que faire. Il s’était lié au mal lorsqu’il
avait rejoint le seigneur des Ténèbres, mais il devait le trahir et peut-être
en mourir… La voix s’était tue. La prophétie était redevenue une sphère opaque
autours de laquelle un brouillard de fumée achevait de se dissiper. Enfin
Deirdre prit la parole.
-« Ta
quête est terminée. Tu as appris ce que tu voulais savoir, même si la vérité
est toujours moins fascinante que nos rêves… Rentre chez toi. Reprends tes
occupations et ne pense plus à tout cela. Imagine que ces journées ne furent qu’un
songe. Tu as la jeunesse pour toi et ta vie est entre tes mains. Quoi qu’on
puisse en dire, tu feras toi-même le choix de ton destin. Au moment voulu, il
s’imposera de lui-même et tu n’auras pas à douter… »
Deirdre
rangea la prophétie dans le coffret après l’avoir recouverte d’un voile noir.
Puis elle le tendit à Rogue et retira d’autours de son cou une chaîne au bout
de laquelle un vieux pendentif en forme de triskèle se balançait.
-« Tiens !
Prends-le ! Ce talisman m’a toujours protégé. Je n’en ai plus besoin à
présent. Ma tâche ici-bas est maintenant achevée. J’attendais ton retour pour
mourir. Porte-le et si un jour tu doute, invoque l’esprit de la vieille
Deirdre. J’essaierai de te conseiller… Adieu Severus… Adieu et bonne
chance… »
La
voix de Deirdre s’était éteinte. Son corps eut un dernier soubresaut et glissa
sur le sol sans un bruit. Rogue se pencha sur ce qui n’était plus qu’une écorce
vide. Il la souleva légèrement et la déposa sur le lit, au fond de la pièce.
Elle était légère… Demain les villageois la retrouveraient et lui donneraient
une sépulture convenable.
Rogue
devait partir, mais il lui restait encore une chose à accomplir. Il prit le
coffret. Lorsqu’il passa le seuil de la porte, il se retourna une dernière
fois. Un corbeau veillait le corps de Deirdre…
Quelques
instants plus tard, Severus était de retour sur la falaise. Il était retourné
une dernière fois sur la tombe de Sophaletta. La nuit allait bientôt laisser la
place à l’aube. Par un sortilège, il fit coulisser le couvercle du caveau où
reposait sa mère. Il se pencha. Le cercueil de bois sombre était recouvert de
mousse et commençait à se dégrader. Il fit léviter délicatement le coffret qui
renfermait la prophétie et le déposa doucement à côté, puis jeta quelques
bruyères dans la fosse et referma le tout.
Rogue
pouvait rentrer chez lui. Il avait la réponse à ses questions. Il devait
maintenant affronter son destin. Il se rendit jusqu’à la maison de son enfance.
Là un vent susurrant l’accueillit.
-« Severus,
Severus… mon petit… » Il crut reconnaître sa mère. Le vent l’enveloppa
quelques instants avant de le laisser entrer. Il s’en sentit plus fort. Il
reprit ses malles. Il regarda autours de lui. Un fer à cheval, abandonné là
depuis des années, lui servirait de portoloin… Il se prépara au départ et lança
l’incantation.
Au
moment de son départ, il cru entendre à nouveau le vent lui murmurer
« Adieu Severus… Adieu, mon petit… » et un
battement d’aile, puis il se retrouva quelques instants dans les limbes avant
de se retrouver chez lui. Par la fenêtre il aperçut le soleil se lever. Le ciel
était rose. Une nouvelle journée commençait.
