Histoire de Hedwige
Septième
au concours
« Joyeux Noël, Colin ! s'écria son frère, Dennis,
en bondissant dans le dortoir des troisième année. Tu veux un morceau de kloug ? C'est tante Muriel qui l'a envoyé, il... » « Je me
doute que c'est elle qui l'a envoyé, qui d'autre au monde pourrait bien
cuisiner une telle horreur ? » l'interrompit Colin
avec bonne humeur. « Joyeux Noël à toi aussi, et non merci pour le kloug, je m'occupe d'emballer le cadeau pour Harry. » «
C'est vraiment une riche idée que tu as eue, de rester ici à Noël pour essayer
de te rap-procher de Harry Potter. Mais il faut
avouer que pour le moment, on n'a pas tellement eu l'occasion de lui parler. »
« Ce n'est qu'une question de temps », le rassura Colin. « Aujourd'hui je vais
lui offrir son cadeau, et après ça il ne me quittera plus d'une semelle. Mais
avant de me lancer à ses trousses, voyons un peu ce que le Père Noël m'a
apporté... » Colin glissa le paquet destiné à Harry Potter sous son matelas
pour le soustraire à la convoitise de son frère puis s'approcha du tas de
cadeaux au pied de son lit et s'empara du plus gros de tous. Il ne put réprimer un sursaut de dégoût en découvrant ce qui se
cachait sous le papier cadeau décoré d' étoiles
argentées : « Beurk ! C'est vraiment pas de chance
d'avoir un oncle taxidermiste... », soupira-t-il en
posant un bébé pingouin empaillé hors de sa vue. « Ne te plains pas », dit
Dennis, « moi c'est un ornithorynque que j'ai eu avec Tonton Giles. Un pingouin ça prend plus de place, mais c'est plus
joli. Et ça fait moins peur. » Colin proposa distraitement à son frère de
garder le pingouin et termina d'ouvrir ses paquets : bientôt son lit fut
couvert de livres, de boîtes de bonbons et d'autres cadeaux, dont un
coupe-ongles et un kaléidos-cope. Quand il eut fini,
il annonça à Dennis qu'ils pouvaient se mettre à la recherche de Harry. « At-tends-moi, je vais mettre des chaussettes pour ne pas
transpirer des pieds », dit Dennis en s'élançant hors de la pièce. Un
coassement plaintif attira l'attention de Colin tandis qu'il glissait le cadeau
pour Harry dans une sacoche. « Non, Lucius, tu ne peux pas venir, lança-t-il à
l'attention de son crapaud. Reste tranquillement ici, à gober les mouches. » Il
mit sa sacoche en bandoulière et retrouva Dennis devant la porte du dortoir.
Les deux Crivey descendirent de concert dans la salle
com-mune, accompagnés par les coassements
mélancoliques qui leur parvenaient depuis le dortoir. Un rapide coup d'oeil
circulaire informa Colin que Harry Potter n'était pas dans la salle commune. «
Il est peut-être à la bibliothèque », suggéra Dennis. « Il est si studieux... »
« Tu as raison, allons-y. » En chemin ils croi-sèrent
le professeur McGonagall, qui réprimandait Peeves : « Peeves ! Descendez de
ce lustre avant de glisser et de tomber sur quelqu'un ! » Mais il était clair
que c'était précisément ce que Peeves voulait. «
Professeur McGonagall ? » fit timidement Colin. «
Savez-vous où est Harry Potter ? » « Mais com-ment
voulez-vous que je le sache ? » répondit McGonagall
d'un ton sec. « Je ne passe pas mes journées à surveiller les élèves, surtout
pendant les vacances ! Allez prendre l'air, il fait beau ! » Colin et Dennis ne
se le firent pas dire deux fois et détalèrent à toute vitesse avant de recevoir
une retenue. Colin ayant émis l'hypothèse que Harry était peut-être dehors, à
faire une bataille de boules de neige avec ses autres amis (pour donner
l'impression que l'idée d'aller dehors venait de lui et non de McGonagall), les deux frères se mirent en route vers le
hall. À peine avaient-ils mis un pied dans le parc qu'une boule de neige
atteignit Dennis en pleine tête. Sous le choc, le petit Dennis tituba et
s'effondra sur son frère. « Désolé, Dennis ! » s'exclama Lee Jackson, dont
l'expression hilare démentait les paroles. Une fois rétabli sur ses jambes,
Dennis voulut lui rendre la pareille, mais Lee s'y attendait et se baissa ; à
la place, la boule de neige tou-cha une Poufsouffle de première année qui éclata en sanglots.
Mortifié, Dennis voulut aller la voir, mais Colin l'en empêcha : « Bah,
laisse-la, ce sont des larmes de crocodile. Nous, on doit trouver Harry. » Il
entraîna son frère à l'écart de la foule et se mit à scruter les différents
groupes d'élèves dans l'espoir de localiser son idole. Pendant ce temps, Dennis
entreprit de lancer des morceaux de kloug dans le lac
à l'intention du poulpe géant, qui ne devait pas avoir grand
chose à se mettre sous le tentacule à cette période de l'année. Il était
également curieux de savoir si, lourd comme ce genre de pâtisserie était, le
morceau de gâteau coulerait à pic ou resterait à la surface de l'eau.
Malheureusement pour lui, un cor-beau avait décidé
qu'aujourd'hui ne serait pas le jour où il aurait la réponse à sa question :
comme il lan-çait le morceau de kloug,
lui faisant décrire un gracieux arc de cercle en l'air, le corvidé l'attrapa au
vol et le goba d'un coup. « Va t'en ! Ce n'est pas pour toi, espèce de sale
b... » « Surveillez votre langage, Crivey ! » Le
professeur McGonagall avait parlé d'un ton sévère
mais en se retournant, Dennis vit avec soulagement qu'elle arborait un sourire
bienveillant. « Alors, les détectives, vous avez trouvé Potter ? »
ajouta-t-elle. « Non, pas encore », répondit Colin d'un ton où perçait le
désespoir. « Avez-vous essayé chez Hagrid ? Je crois
savoir que c'est son repaire préféré quand il n'y a pas de leçons. » Après
avoir chaleureusement remercié le professeur McGonagall
les deux Crivey se mirent gaiement en route pour la
cabane du garde-chasse. « Tu sais, Colin », dit soudain Dennis, « je me demande
si on n'a pas manqué aux parents, à Noël. » « Tu voulais vraiment être là quand
Maman ouvri-rait le cadeau que nous lui avons acheté
? » répondit Colin d'un ton plein de sous-entendus. « Tu as rai-son,
des sacs d' aspirateur ce n'est pas vraiment un cadeau
de Noël idéal », concéda Dennis. Ils étaient arrivés devant la porte de la
cabane et Colin frappa bravement. Il ne put cependant
s'empêcher de reculer d'un pas devant l'impressionnante stature de Hagrid quand celui-ci ouvrit la porte. « Colin ! Dennis ! »
s'écria joyeusement le géant. « Entrez donc, venez
manger une part de gâteau, je l'ai fait moi-même ! » Ignorant que cette
précision était une raison suffisante pour refuser ladite part de gâteau, les
deux frères acceptèrent avec enthousiasme et entrèrent s'installer à table.
Harry, Ron et Hermione les saluèrent chaleureusement.
« Un conseil : quand il te regarde, fais semblant de manger et crache tout dans
ta serviette ensuite », souffla Ron à Dennis comme Hagrid posait devant chacun des garçons une montagne de ce
qui ressemblait à de la chantilly mélangée à un gratin de poireau. Jugeant
qu'il n'était peut-être pas très poli d'offrir son cadeau à Harry devant leur
hôte alors qu'il n'en avait pas pour Hagrid, Colin
résolut d'attendre qu'ils soient tous dehors. Hagrid
ne cessait de s'activer et à chaque fois qu'il
tournait le dos Hermione lançait un sortilège aux assiettes pour faire
disparaître un peu de leur contenu. Quand enfin elles furent vides - et qu'ils
eurent refusé une deuxième part, prétextant avoir déjà trop man-gé
- le petit groupe prit congé de Hagrid. A peine
avaient-ils mis le pied dehors que le ventre de Ron
se mit à gargouiller bruyamment. « Je meurs de faim ! » gémit-il. « Tiens »,
proposa Dennis en lui tendant le reste de son kloug.
« J'espère que tu aimeras, c'est ma tante Muriel qui l'a fait. » « Ça ne peut
pas être pire que ce que fait Hagrid », déclara
bravement Ron en mordant à belles dents dans le
gâteau. « Euh, si, ça peut », en recrachant inélégamment une purée brunâtre
quelques secondes plus tard. « Désolé, Dennis. » « Ron,
tu es répugnant ! » s'exclama Hermione. Pendant ce temps, Colin avait donné son
ca-deau à Harry. « Colin, il ne fallait pas ! »
s'écria celui-ci en rougissant. « Je n'ai rien pour toi... Euh... », fit-il en
déchirant le papier cadeau. « Merci beaucoup, je ne sais pas quoi dire... » «
J'en ai déjà telle-ment de toi, et tu n'en avais même
pas de moi ! » expliqua Colin. « C'est quoi ? »
demanda Ron. « Une photo encadrée de Colin », dit
Harry. Bizarrement, Ron donna pendant quelques
secondes l'impression d'être sur le point de rire ; mais Harry remercia encore
Colin et repartit vers le château en compagnie de ses deux amis. « Il avait
l'air content, hein ? » fit Colin, aux anges. « Oui, mais je pense qu'il
l'aurait été encore plus si tu l'avais dédicacée, cette photo. » Une demi-seconde plus tard, Colin, qui n'avait jamais su
reconnaître l'ironie, courait derrière Harry en hurlant son nom. Dennis mordit
dans le kloug dont Ron
n'avait pas voulu en se demandant ce qu'il pourrait bien faire de son frère.