Histoire de Garyas
Huitième
au concours
Le repaire de Ginny
L'agitation qui régnait au Terrier en cette veille de Noël était
indescriptible. En effet, en ce premier jour de vacances, Ron et Ginny venaient
de rentrer de Poudlard accompagnés de leurs amis Harry et Hermione, et le moins
que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'étaient pas calmes!
Tout le monde courrait dans tous les sens, Molly pour terminer le
repas, Bill et Charlie, arrivés la veille, pour décorer la maison et les quatre
jeunes pour monter dans les chambres la pile de malles, sacs, valises et
sacoches en tout genre qui encombraient le salon.
Quelques minutes plus tard, Ron et Harry s'affalaient sur la malle
qu'ils venaient de monter dans leur chambre en poussant un énorme soupir de
soulagement. Ils mirent quelques instants à réaliser qu'ils étaient en
vacances.
Les cages de Coq et d'Hedwige étaient installées sur l'armoire, et les
hiboux semblaient eux aussi très heureux d'être de retour «à la maison».
- Enfin, soupira Ron.
- Tu l'as dit, répondit Harry en se levant. Bon, si on rangeait un peu
tout ça!
Et il joignit le geste à la parole, empilant dans un coin les habits
sales. Ron fit de même en s'exclamant:
- Allez, le costume de pingouin, oublié jusqu'à l'année prochaine!
- Qu'est ce que tu lui reproches à ton smoking, il est d'une élégance.
- A propos d'élégance, c'est élégant de ne
porter qu'une chaussette? se moqua le rouquin.
- Non, je sais, en plus elle est trop petite, répondit le brun dans un
éclat de rire en enlevant ladite chaussette. Mais je n'avais plus d'autre paire
propre. et c'est seulement après avoir cherché une bonne demi-heure que je me
suis souvenu que j'avais glissé sa sour jumelle dans le journal de Jedusor,
lorsque je l'ai rendu à ce cher Lucius Malfoy. pour libérer Dobby.
- Ah ben je comprends qu'elle soit trop petite! Tu veux que je t'en
prête une paire?
- Non ça ira, je vais mettre mes pantoufles.
- D'accord.
Ils finirent de ranger leurs affaires et firent descendre le linge à la
buanderie d'un coup de baguette. En glissant sa malle sous son lit, Harry
demanda:
- Dis, où est-ce que je peux jeter ça discrètement?
- Qu'est-ce que c'est? demanda Ron en prenant la boîte. Oh, des
biscuits! Pourquoi tu veux les jeter?
- Je te déconseille de les manger Ron, ce sont les biscuits de Noël
qu'Hagrid m'a offert. Il a essayé une recette qu'il a ramenée des Balkans. Ça
s'appelle des Kloug je crois.
Ron reposa la boite sur le lit avec une grimace dégoûtée et la fit
disparaître d'un coup de baguette.
- Voila, dit-il, problème règlé!
- Au fait Ron, reprit Harry, je voulais te remercier.
- Pour avoir fait disparaître les. Kloug. mais ce n'est rien.
- Mais non nigaud! l'interrompit le brun. Je
voulais te remercier car je préfère voir Hermione avec un grand sourire aux
lèvres plutôt qu'en train de verser des larmes de crocodile comme à d'autres
Noël, dit il avec un clin d'oil, et que je pense que tu n'es pas étranger à son
état.
- Tu. Tu crois? bafouilla le rouquin en
rougissant.
- J'en suis sûr!
- Au fait Harry, demanda le rouquin d'un air gêné. Ça te dérange pas de
rester seul un moment parce que.
- Mais non, le coupa le brun. Vas-y, va la rejoindre!
- C'est vrai? s'exclama Ron, des étoiles plein les yeux.
- Puisque je te le dit, répondit Harry avec un grand sourire en
s'asseyant sur son lit.
Ron ne se le fit pas répéter et sortit en trombe de la chambre,
claquant presque la porte.
Harry décida donc de descendre voir s'il pouvait se rentre utile, mais
a peine sorti de la chambre, il heurta quelqu'un violemment. Il mit quelques
secondes à reprendre ses esprits et il dut se concentrer pour chasser le
magnifique kaléidoscope qui brouillait sa vision. Enfin, il vit que c'était
Ginny qu'il avait percutée et qu'elle était toujours assise par terre.
- Ça va? demanda-t-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
- Ça peut aller, répondit-elle en prenant la main tendue, mais tu
pourrais regarder où tu vas!
- Je suis désolé.
- Rien de grave, de toute façon je voulais te voir, mais je pensais pas
d'aussi près.
- Très drôle! Que puis-je pour toi?
- Tu imagines bien qu'il m'est impossible de rester dans MA chambre,
dit-elle avec un sourire entendu. Alors je voulais profiter de ce moment pour
te montrer quelque chose, tu veux bien?
- Bien sûr! C'est quoi?
- Surprise de Noël, petit curieux! Suis-moi!
Mais ils n'eurent le temps d'aller nulle part, interrompus par l'appel
à table de Molly. Ils descendirent donc avec Ron et Hermione et s'installèrent
en même temps que Fred et Georges qui venaient de transplaner.
Après avoir fait honneur au repas et s'être abondamment servie de
desserts, Ginny se leva et demanda à Harry s'il venait, et celui-ci l'imita.
Ron cessa un instant d'avaler les desserts comme un aspirateur pour demander où
ils allaient. Harry répondit discrètement que Ginny voulait lui montrer quelque
chose. Alors Ron s'exclama:
- On va peut-être enfin savoir où elle disparaît tout le temps!
En effet, déjà pendant l'été, la benjamine de la famille avait pris
l'habitude de disparaître pendant des heures sans que personne ne parvienne à
savoir où elle se trouvait, pas même les jumeaux malgré leur talent de détectives.
En entendant Ron, sa sour s'était soudain tendue comme un arc et avait
lancé froidement en disparaissant dans les escaliers:
- Harry, retrouve moi en haut!
Le jeune homme lança un regard irrité à son ami qui replongea avidement
dans ses desserts avant de se précipiter à son tour dans les escaliers sous les
éclats de rire de la tablée.
Arrivé en haut des escaliers, la rouquine l'attendait, appuyée au mur.
Elle lui fit promettre le secret, puis elle ouvrit la porte du grenier, et,
d'un regard entendu, elle l'invita à la suivre.
Ils traversèrent le grenier dans lequel s'entassaient toutes sortes de
choses avant d'entrer dans une allée composée d'étagères sur lesquelles se
trouvaient, sous une épaisse couche de poussière, un nombre infini d'animaux
empaillés, du canard à la souris et du renard au brochet. Il devait y avoir un
taxidermiste, ou tout du moins un fervent collectionneur, parmi les ancêtres
Weasley.
Ginny s'arrêta devant l'une des étagères, et avant qu'Harry n'ait pu
poser la moindre question, elle tendit la main vers un ornithorynque un peu
moins poussiéreux que ses collègues d'étagère et lui pinça le bec, ce qui eut
pour effet de faire pivoter sans un bruit la partie basse du meuble, libérant
une ouverture dans laquelle elle se glissa. Harry la suivit en se demandant où
elle l'emmenait.
Ils se trouvaient dans une petite pièce en soupente, que visiblement la
rouquine avait aménagée sommairement. Il y avait dans un coin plusieurs vieux matelas
qui formaient au choix un lit ou un canapé, le long du mur se dressaient des
étagères remplies de vieux livres, deux malles qui pouvaient servir de table
trônaient au centre de la pièce, et dans un coin, il y avait un vieux fauteuil.
Pendant qu'Harry observait l'endroit, Ginny s'était assise sur les
matelas et le regardait d'un air amusé. Il s'assit à ses côtés, et elle prit
enfin la parole:
- Alors il te plaît, mon petit nid?
- Oui, c'est sympa. Tu l'as découvert quand?
- Oh, il y a longtemps, mais ça n'est que cet été qu'il m'est devenu
utile. J'avais vraiment besoin de m'isoler de toute l'agitation familiale. Mais
tu gardes tout ça pour toi hein?
- Bien sûr, ne t'inquiète pas!
- Bon, maintenant, ton cadeau de Noël!
- Mais je n'ai pas apporté le tien! Je pensais te le donner demain.
- Pas de discussion! l'interrompit-elle. Ferme
les yeux!
Harry tenta bien de protester, mais elle lui ferma les paupières de la
main. Il choisit donc de se laisser faire. Ginny se leva, fit nerveusement le
tour de la pièce puis se rassit tout près de l'élu de son cour. Elle le prit
dans ses bras et posa doucement ses lèvres sur les siennes, lui donnant enfin
ce baiser dont elle avait tant rêvé.
Lorsque, bien après minuit, Ron et Hermione montèrent à leur tour, ils
se dirent bonne nuit «tendrement» dans le couloir. Puis chacun rentra dans sa
chambre. Trouvant la sienne vide, Ron retourna sur ses pas, et tomba sur
Hermione qui, en le voyant revenir lui aussi, déclara:
- Bon ben pas la peine de se poser des questions, Harry et Ginny ne
sont pas dans les chambres. Bonne nuit!
- Tu ne crois pas que je devrais avertir les parents?
- Je crois que si tu fais cela, ta sour leur racontera ce que tu
faisais le soir d'Halloween avec Lavande, les jumelles, Dean et Seamus dans le
passage de la sorcière borgne, déclara Hermione.
- Comment elle sait ça, elle?
- L'encyclopédie La Rousse est une vraie mine d'informations, rétorqua
la jeune fille. Va te coucher et oublie un moment d'être un grand frère
protecteur, ajouta-t-elle en fermant sa porte.
Lorsque Harry descendit le premier le lendemain matin pour prendre son
petit déjeuner, il n'avait pas l'air très réveillé. Molly lui tendit son
assiette en le fixant et lui dit en souriant:
- Ça va Harry mon chéri? Tu as une tête d'ornithorynque empaillé,
ajouta-t-elle avec un clin d'oil avant de quitter la cuisine.