Lettre de vacances de Rana
8e place

Mangemort,

Je t’écris (ou vous écris) sans savoir qui tu es, et si tu es quelqu’un. Je t’écris en supposant que tu es l’un de mes serviteurs que je ne tarderais pas à tuer. Je t’écris sans être sure que j’arriverais à envoyer cette lettre car je n’ai vu aucun volatile. Pas un seul hibou dans cette maudite île ! Mais d’abord, je dois t’expliquer ce qui m’est arrivé afin de recevoir, peut être, bientôt, un peu d’aide, je ne suis plus ce que j’étais.
Si tu es des miens, je suppose que tu te souviens à la fin du dernier Mai, j’avais cru trouver le quartier général de l’Ordre du phoenix, QG où se cache ce maudit Potter ! Je suis parti avec seule certitude la nouvelle prophétie de Trelawney que je croyais si significative. Enfin, je vous avais demandés, bande d’incapables, de découvrir l’ensemble de sa signification avec tout les détails ! Mais quelle bande d’imbéciles ! Osez me dire que ce fameux repaire se trouve au plein milieu du Pacifique ! Après nos études prolongées de ces chiffres, ceux que je croyais être les plus intelligents d’entre vous m’aviez remis votre compte rendu que je croyais juste, après ma vérification minutieuse. Je suis quand même parti, avec deux de mes meilleurs mangemorts le quatrième jour du huitième mois à quinze heures, huit minutes et vingt trois secondes. En survolant cet océan, nous avions utilisé nos baguettes afin de localiser la moindre île à l’horizon. Après plusieurs heures de vol, nous n’arrivions plus à user de notre propre magie ! A ce moment-là, je croyais que nous avions trouvé ce fameux quartier général, protégé par ce vieux fou de Dumbledore ! Alors que nous cherchions un morceau de terre à l’horizon, nous entendîmes quarante deux détonations et une fumée noire s’éleva au loin. Mon plan était le suivant : m’approcher assez de cette île afin de vérifier leur position et ensuite, rentrer avec l’un des mangemorts pour ramener l’armée. Mais mon plan ne se déroula pas comme prévu. A quelques centaines de mètres de l’île, nos balais ont commencé à descendre en piquer sans qu’on puisse les contrôler. Nous nous écrasâmes sur l’eau, à quelques mètres de la rive. Avery mourût sur le coup tandis que Goyle et moi-même nageâmes jusqu’à la plage. La base de la fumée noire arrivait de l’autre côté de l’île. Nous prîmes nos baguettes pour traverser ce territoire. Nous avions marché pendant plusieurs heures quand nous entendîmes une sorte de rugissement. Au loin, plusieurs arbres s’affaissèrent. Quelque chose approchait ! Nous nous mîmes à courir, Goyle trébucha. Une sorte de fumée noire engloba cet incapable et il disparut en même tant que la Chose. Un sentiment étrange m’envahit, un sentiment que je n’avais plus eu depuis que j’ai choisis l’immortalité et le pouvoir, un sentiment paralysant, j’avais peur ! Peur comme un misérable moldu, peur comme un faible, peur comme un humain ! Enfin calmé, je pris le temps de regarder tout autour de moi et la vue de ce paysage m’estomaqua. Une longue chute se dessinait devant moi entourée d’une verdure dense et abondante. A mes pieds, un petit lac. As-tu remarqué que j’écris des sensations, des sentiments. Ce sont des choses que je m’étais interdit d’avoir, des choses que j’avais oubliées depuis plus d’un demi siècle ! Ces nouvelles choses me dégoûtaient, j’avais de la haine, je me détestais pour cela ! J’ai l’impression de devenir un misérable moldu ! Je suis peut être devenu mon pire ennemi, je suis peut être devenu mon père ! Ceci, j’en eût la certitude quand je me penchai vers la source pour m’abreuver. Je me regardai et j’eût du mal à me reconnaître, l’eau reflétait mon image, une image plus humaine, je ressemblais à ce Tom Elvis Jedusor, sang mêlé, honteux de ses origines, un sorcier avec du sang moldu. Ma peau pâle, mes yeux et mes narines de serpents, ma fine bouche avaient disparut ! A la place, moi faible, moi humain, moi simple sorcier, non, même pas, moi sans pouvoir sur cette maudite île ! Et plus que jamais, j’avais cette sensation terrible, cette sensation que je détestais, cette sensation que je couvrais par la haine et la rancœur, ce sentiment de peur et de solitude ! J’étais là, comme un enfant, ne sachant que faire, avec une sorte de monstre à ses trousses.
J’étais devenu mon pire ennemi et je devais vivre avec, survivre avec.
Pendant des jours, des semaines peut-être, je vivais comme un sauvage, je devais me débrouiller seul, comme au bon vieux temps, ce temps que j’ai toujours détesté. Je grimpe sur les arbres pour manger, je me couche par terre pour dormir, tel est devenu mon quotidien. Ces derniers temps, avant de dormir, je pense souvent à ma vie d’avant. Quelle étrange vie que j’ai eût. Parfois, j’ai l’impression que cette vie n’était pas la mienne, que je n’ai jamais vécu cela, que l’enfant tant détesté par les autres, que cet adolescent plein de vengeance et que ce Voldemort n’ont jamais existé. Je commence à oublier, peu à peu, mes souvenirs s’effacent. Ce dont je suis sûr, c’est que même si ce personnage a existé, même si c’était moi, ce personnage est mort. Ce Harry Potter l’a tué peut-être. Qui est Harry Potter? J’ai du mal à m’en souvenir. Il doit être quelqu’un de bien, il a finalement tué ce Voldemort. Mais si cette personne est morte, qui suis-je ? Que vais-je faire à présent ? J’ai presque tout oublié, cette lettre, cela fait des jours que je l’écris et je ne me rappelle plus l’avoir fait.
Dois-je penser que ces moments là sont comme des vacances ? Une pose ? Un choix ? Une résurrection ? Je suis là, sur cette île, au milieu de nulle part. Je me souviens de deux choses seulement, j’ai écris cette lettre pour l’envoyer, je ne sais comment et pour pouvoir être sauver un jour, je l’espère. La seconde chose que je me souviens, c’est une série de chiffres, mais j’ignore leur signification. Je sais que ces chiffres sont sacrés, mauvais, comme une sombre prophétie annonçant un moment désastreux. Je les répète à longueur de journée, comme un automate, sans y faire attention.
Ils sont là, je ne suis pas seul, ils sont là. Ces chiffres sont maudits, ces chiffres sont les leur et moi, je les répète : 4 8 15 16 23 42, 4 8 15 16 23

42,…

Quelqu’un, je ne sais plus…