Histoire de VoldeMot

Second au concours

 

Le boa constrictor fut réveillé par un petit garçon à l’air grassouillet, qui tapait bêtement sur la vitre. Il était tellement habitué à ce genre de choses qu’il n’ouvrit même pas les yeux. A vrai dire, il n’en avait même pas la force ; il était las d’être dans cette cage toute la journée, las de tous les gens qui venaient pour taper contre cet écran de verre, las d’être ici. Il entendit le garçon demander quelque chose à l’homme qui était sûrement son père, et celui-ci s’approcha pour tapoter à la vitre, mais le boa ne bougea pas. Le même scénario se produisit, et devant le manque de résultat, le garçon et son père partirent embêter d’autres pauvres animaux.
Un autre garçon s’avança alors. Il était beaucoup moins gros que le dernier, et ne semblait pas vouloir embêter le serpent. Le boa daigna à ouvrir les yeux. Il voyait flou à force de rester les yeux clos. La tête encore engourdie, il leva très lentement son corps fin jusqu’au niveau du visage du petit garçon. Pris d’une inspiration subite, le boa lui lança un clin d’œil. Le garçon avait l’air gêné et il regarda partout autour de lui. Cherchant à communiquer, le serpent montra de la tête les deux gros humains qui étaient venus l’ennuyer auparavant, puis il leva les yeux au plafond pour exprimer sa lassitude.
Et le serpent fut très surpris d’entendre le garçon lui répondre :
-Je sais, ça doit être vraiment agaçant.
Très content d’avoir trouver quelqu’un qui parlait le langage des serpents, le fourchelang, le boa constrictor approuva d’un hochement de tête.
-D’où-tu viens ? demanda le garçon
Le reptile lui indiqua le petit écriteau qui indiquait son pays d’origine. Après avoir lu la pancarte, le petit à lunettes lui demanda si ç’était bien au Brésil. Avec peine, le serpent lui remontra la pancarte où était écrit « né a la ménagerie », car c’était douloureux pour lui d’avoir toujours vécu dans une cage de verre, sans avoir connu son pays natal.
Le boa savait que ce n’était pas la faute du garçon, qui renfonça encore un peu le clou en demandant :
-Ah, d’accord, je comprends. Donc, tu n’as jamais été au Brésil ?
Avec tristesse, le reptile répondit d’un hochement de tête ; mais ils durent interrompre leur conversation car des cris retentissaient dans tout le zoo. Quelqu’un criait mais le boa ne comprenait pas ce qu’il disait. Le garçon grassouillet de tout à l’heure revint en bousculant l’enfant à lunettes si gentil qui tomba durement sur le sol.
La suite de l’action se passa très vite. En un instant, alors que le garçon grassouillet et un autre enfant se tenaient à coté de la cage de verre, ils firent un bond en arrière en poussant des cris terrifiants.
Le reptile n’en revenait pas : La vitre avait disparue !! Le serpent quitta rapidement sa cage en ondulant sur le sol. Tout le monde autour de lui paraissait pris de folie. Les gens couraient dans tous les sens, paniqués, sans se soucier de la direction qu’ils prenaient. Avant de partir, le boa alla remercier le petit garçon à lunettes en murmurant :
-Et maintenant, direction, le Brésil ! Merssssi, amigo.
Juste avant de partir, le reptile, revanchard, alla en direction des garçons et s’amusa à claquer des dents pour leur faire peur. Et cela marcha très bien ! Un garçon s’évanouit tandis que l’autre courait dans tous les sens dans l’espoir de trouver la sortie.
Très content de lui, le serpent s’enfuit donc en direction de la sortie. A peine eut-il franchit la grande porte du zoo qu’il sentit la brise fraîche du vent sur son visage. Il se sentait libre, libre d’aller où bon lui semble, libre de manger ce qui lui fait plaisir, libre ! Une nouvelle vie allait commencer pour ce malheureux reptile qui avait du passer la moitié de sa vie dans une misérable cage en verre, a voir passer des gens tous plus grotesques les uns que les autres.
Le boa partit donc pour de lointaines contrées, et ce qu’il ignorait, c’est qu’il avait été sauvé par le plus grand sorcier de tous les temps, Harry Potter.