Histoire de Ayn
Neuvième
au concours
Le Terrier, le matin de Noël.
L'excitation est à son comble. Molly Weasley s'active aux fourneaux, et s'excrime
à coups de baguettes en tous sens tandis que plats se remplissent par
enchantement, que casseroles fument, que et de suaves et onctueuses sauces
viennent napper viandes et légumes aux fumets alléchants. Les jumeaux
complotent dans un coin du salon, sans doute à l'invention de l'une de leurs
farces et attrapes, à moins que ce ne soit une nouvelle blague adressée à leur mère
? Ginny et Hermione mettent la table, tout en
commentant leurs cadeaux respectifs reçus le matin même. Arthur Weasley est occupé à démonter et examiner un magnifique aspirateur
que ses enfants lui ont offert pour noël, satisfaisant ainsi sa curiosité pour
les objets moldus. Cette année, Bill est allé passé
les fêtes chez sa belle-famille en compagnie de Fleur. Charlie non plus n'a pu
se joindre à la fête, retenu en Roumanie auprès d'un dragon, ou plutot d'une dragonne, sur le point de pondre. Il a toutefois
envoyé un hibou à la famille, portant une longue et chaleureuse lettre, ainsi
qu'une spécialité locale, le Kloug, une sorte de gateau très dur et très lourd, que Molly
s'est empressée de jeter à la poubelle, l'odeur putride s'en dégageant laissant
supposer que le hibou de Charlie avait du traînailler en chemin et que la
fraîcheur du gâteau était quelque peu doûteuse. Ron, quant à lui, n'a pas quitté sa chambre. Il n'est vraiement pas d'humeur à se mêler à la fête. Harry n'a pas
pris la peine de répondre à son invitation. Il ne comprend pas. Harry a
toujours aimé venir au Terrier et ne s'est jamais fait prier lorsque Ron l'invitait les années précédentes. Déjà, à la rentrée,
il avait refusé tout net que ses amis le suive dans sa quête des Horcruxes, et avait mystérieusement disparu dans la nature
tandis que le Poudlard Express les ramenaient,
lui, Hermione et Ginny, vers l'école qui avait
finalement rouvert ses portes. Harry avait toutefois pris
la peine d'écrire quelques courtes missives à ses amis, afin de les rassurer à
intervalles réguliers. Mais ils ne s'étaient pas revus depuis le 1er septembre.
Et Ron avait attendu avec impatience les vacances de
Noël dans l'espoir de revoir enfin son meilleur ami. La vie à Poudlard sans Harry était décidement
bien triste. Ron se demandait bien quel pouvait être
le repaire secret de son ami. Et quelle pouvait bien être la raison de
l'absence du jeune détective. Un claquement de bec à la fenêtre le tira de sa
rêverie maussade, et il poussa un cri de joie en reconnaissant Hedwige, la
chouette de Harry. Enfin, il allait avoir des nouvelles. Espérons que cette
fois le message serait plus long que les précédents !.
Il s'empressa d'ouvrir la fenêtre, et donna une récompense à la magnifique
chouette au plumage de neige, tout en dénouant fébrilement le parchemin attaché
à sa patte droite.
« Chers Ron, Hermione, Ginny,
Je m'excuse de ne pas vous avoir dnné de
nouvelles plus tôt mais j'ai eu un empêchement. Rendez-vous au Muséum
d'Histoire Naturelle à 15h précise, dans la salle des animaux à bec.
À bientôt, Harry »
Etrange. Que pouvait bien faire Harry au Muséeum
d'histoire naturelle le jour de Noël, et pourquoi ne venait-il pas au Terrier ?
Ron enfila une chaussette, puis l'autre, dévalla l'escalier, et s'en fut trouver Hermione et Ginny pour leur annoncer discrètement la nouvelle.
Les trois amis avalèrent leur repas le plus rapidement possible au
grand désespoir de Mrs Weasley qui trouvait cela
regrettable d'avoir cuisiné toute la matinée pour des tels ingrats. A 15 h précise,
ils étaient tous trois dans une vaste salle dans laquelle le visiteur pouvait
contempler moult oiseaux de tous continents, ainsi que quelques spécimens
étranges. Cela faisait trois fois mainenant qu'ils
passaient devant ce pingouin et cet ornithorynque, admirant le travail du taxidermiste,
mais toujours pas de Harry à l'horizon. Le musée était quasiement
vide. Ils appercevaient, dans le fond, la salle des
reptiles, à l'entrée de laquelle un jeune enfant montrait un crocodile à son
père. Une fois ces visiteurs partis, ils entendirent un craquement
caractéristique. Quelqu'un venait de transplaner à
coté d'eux. Soudain, des pieds apparurent, suivi de deux longues jambes et du
reste du corps. Harry venait de sortir de sous sa cape d'invisibilité. Il
portait une sacoche à l'épaule, qui semblait particulièrement lourde. Il
embrassa ses amis, se confondit en excuses face à leurs reproches. Il arborait
une mine radieuse, souriant jusqu'aux oreilles. Aucun doute possible, il allait
leur faire des révélations. Un renfoncement de la salle se prêtait parfaitement
aux confidences, et ils s'y rendirent tous les quatre. Hermione eut l'idée de
faire apparaître un épais matelas, sur lequel ils tombèrent avec délectation.
Harry leur raconta alors par le détail sa quête et les raisons du peu de
messages qu'il leur avait fait parvenir jusqu'à ce jour. Les autres, de leur
coté, l'informèrent de l'étrange disparition de Lucius Malfoy
de la prison d'Azkaban, qui avait fait la une des
journaux dernièrement. Et puis Harry sortit un objet étrange de sa saccoche. Il s'agissait un fait d'une sorte de kaléidoscope,
mais qui au lieu d'avoir la forme classique d'un tube, représentait une étoile
en relief. Les trois amis se penchèrent tour à tour pour regarder à travers la
lentille. Ils n'apperçurent qu'une sorte de fumée
argentée formant des volutes changeantes.
« Qu'est-ce que c'est, Harry ? » finit par demander Ron.
« On dirait l'intérieur d'une pensine » fit
très justement remarquer Hermione.
« C'est une pensine, en effet, une pensine portative » précisa Harry.
« Oh, je me souviens d'avoir déjà vu ce truc dans la maison de Sirius !
» s'exclama Ginny.
Harry décrivit alors un arc de cercle avec sa baguette au dessus du
mystérieux objet, et la pensine prit des dimensions
plus importantes. Harry invita ses amis à se pencher au dessus et tous les
quatre partirent alors pour un mystérieux voyage dans les souvenirs d'un
inconnu.